Sep 22, 2005

"La presse quotidienne au bord du précipice"

" La presse quotidienne est au bord du précipice. C'est un problème de produit ! Bande d'idiots" ***, lance dans un cris de désespoir le journaliste américain Robert Cauthorn, ex vice-président des médias numériques du San Francisco Chronicle, dans le blog "Rebuilding Media".

Une réaction qui fait suite à la vague de licenciements que vient d'annoncer la presse quotidienne américaine. Et ce n'est qu'un début, explique Robert.

In October metro newspapers across the country will post astonishing year-over-year declines. The circulation fall-off at large metro papers will be between 9% and 15%. Smaller market and mid-sized market newspapers will fair slightly better. But across America, the average decline will be somewhere between 3% and %5 year-over-year."

Les nouvelles qui nous arrivent de France ne sont pas plus réjouissantes. Avec des pertes publicitaires records, des moyennes d'âge de lectorat qui tournent autour de 65 ans pour certains titres… la presse quotidienne française va, sans doute, beaucoup plus mal qu'elle ne le laisse paraître. Je ne sais pas ce qu'il en est du Canada. Mais il serait étonnant que la tendance soit fondamentalement différente des États-Unis.

Ce ne sont pas les changements de design à droite et les changements de format à gauche qui vont renverser la tendance. Si je ne l'ai pas dit cent fois… je ne l'ai jamais dit. C'est le PRODUIT qui ne convient pas. Les retouches n'y feront rien. Les copier-coller sur les sites web GRATUIT n'y feront rien non plus. C'est LE PRODUIT qui ne va pas. Le produit journal.

Les lecteurs nous le disent depuis des années. Les éditeurs et les journalistes font la sourde oreille. Et tout ce petit monde est tombé des nues quand les quotidiens gratuits ont rencontré le succès qu'ils connaissent. Le produit est bon. Et c'est la clé. En plus, c'est gratuit.

Oui ! Métro, 20 minutes sont de bons produits. Des produits qu'auraient pu faire les éditeurs de quotidiens. Parce que des gens comme moi, nous répétons depuis 15 ans qu'il faut :
  • faire des journaux avec des formats plus compacts
  • faire des journaux avec des articles plus courts
  • faire des journaux tout en couleur et avec de forts visuels
  • faire des journaux avec de l'info pratique
  • faire des journaux avec un contenu différent qui colle aux centres d'intérêt de la cible
Nous leur avions dit aussi qu'il y avait de la place pour des quotidiens gratuits. Je me rappelle quand, du haut de mes 25 ans (en 1991), j'avais contacté la RATP pour leur proposer un quotidien gratuit -- un vrai, avec des infos -- portant le nom "Métro". On m'avait rigolé au nez. Mais confrères journalistes en avaient fait de même… je vous rassure.

Les mêmes qui se sont payés notre tête quand nous nous sommes lancés dans la création des quotidiens pour enfants. On connaît le résultat aujourd'hui !

La presse quotidienne manque fondamentalement de CRÉATIFS. Des gens avec des idées, des gens qui poussent les limites, des gens qui ne pensent pas comme les autres. Elle en manque. Mais en veut-elle ? Saurait-elle comment les attirer et quoi en faire ? Et, surtout, comment les motiver pour les garder ?

Aujourd'hui, internet s'encre dans nos vies. La problématique change de nouveau. Il ne s'agit plus seulement de réformer la version papier. Il s'agit de comprendre et de s'approprier les nouvelles technologies. Inutile de vous dire que la presse quotidienne n'avait pas besoin de ça, n'avait besoin de ces couches supplémentaires de compléxité.

Nous ne voulons pas nous l'avouer : les consommateurs n'aiment pas le produit. C'est pour ça qu'ils ne l'achètent pas. On pourra se trouver toutes les excuses de la terre. On pourra reporter la faute sur les lecteurs, pas assez ceci, pas assez cela. On pourra expliquer que les journaux n'ont jamais été d'aussi bonne qualité (ce qui est en partie vraie d'ailleurs). On pourra, on pourra… mais le verdict de l'acheteur est là.

Non, les petites réformettes des uns et des autres n'y changeront rien. Si le produit ne convient pas. Il ne se vendra pas. Que ce soit sur du papier, comme en numérique. Car, ne nous trompons pas, un contenu non adapté sur le print, ne deviendra pas subitement séduisant sur le net, comme le souligne Robert Cauthorn :

The notion of platform shift -- people moving from print to web just, you know, because -- is a comfort to the media establishment as it suggests people still really, really, really love their product, they're just selecting a different distribution mechanism. Nonsense. The platform shift doctrine is a dangerous -- and for some media companies, ultimately fatal -- illusion that blinds the industry to necessary changes in the core product. Platform shift is the argument for the status quo: We don't have to do anything different. We don't have to change. We just take our super-wonderful content and shove it down a different pipe and everyone can retire happy."

La presse quotidienne a besoin de penser produit insiste Robert. Il a fondamentalement raison. Que fait-on avec le produit papier ? Que fait-on avec le produit électronique ? Il est aujourd'hui incroyable de voir les sites internets des journaux être une copie conforme ou en partie de la version papier. En plus gratuit, alors que la version papier est payante.

Le journaliste et consultant américain, Tim Porter, parle "d'exploser la rédaction" pour la réorganiser complétement. C'est non seulement la rédaction qu'il faut révolutionner, mais ce sont aussi les journaux.

Pourquoi continuer à imprimer des quotidiens tous les jours, se demandent Robert Cauthorn. Pourquoi ne pas les imprimer que trois fois par semaine et utiliser internet comme support quotidien ? Pourquoi continuer à publier du contenu accessible gratuitement sur le net ? Pourquoi continuer à vouloir faire payer de l'info géné, quand elle est, partout, gratuite ?

Qu'est-ce qu'attend la presse pour vraiment explorer, innover, essayer ? L'aveuglement est-il à ce point si fort ? "Le précipice est pourtant bien là", constate Bob… Et visible par tous. La bonne nouvelle c'est qu'en ces temps d'incertitudes tout est à faire. Les prochaines années verront sans doute apparaître les produits d'information les plus géniaux. Reste à savoir s'ils seront créés par les médias traditionnels ou par des jeunes startups.

Vous pariez vos économies sur quoi, vous ?

*** Je ne suis pas certain que ma traduction du titre de Bob soit très bonne. Si vous en avez une meilleure n'hésitez pas.

3 comments:

  1. Pierre Vennat6:56 PM

    Je n'interviens plus sur la Journa-liste ou Média Café depuis quelque temps.

    J'ai l'impression d'avoir tout dit, d'avoir beaucoup (peut-être trop) parlé et qu'on tourne en rond.

    Mais les récents messages de Jeff Mignon (et d'autres) sur la baisse de lectorat des grands journaux m'interpelle.

    Sûr que c'est inquiétant (inutile de jouer à l'autruche).Sûr que ça interpelle.

    Sauf que je trouve que cela fait oublier une chose majeure: cela interpelle le public aussi. Et qu'on néglige un facteur importanit: l'influence.

    Au Québec,. pendant des décennies (c'est un peu moins vrai aujourd,hui mais pas encore complètement faux), un quotidien francophone, Le Devoir a toujours eu plus d'influence que les autres. Le peuple (enfin la populace, les gens ordinaires) le boudaient, mais Le Devoir était lu et respecté par les politiciens (au pouvoir), les intellectuels, bref les décideurs (c'était moins vrai cependant au point de vue économique).

    Un éditorial, un commentaire des Claude Ryan, Michel Roy (avant eux Henri Bourassa, Gérard Filion, André Laurendeau, etc.) avait énormément de poids. Leur avis était suivi. Même si le peuple, lui, préférait la grosse Presse, puis maintenant le Journal de Montréal.

    Au Canada anglais, le Globe and Mail jouait le même rôle (avec en plus l'influence sur les gens d'affaires avec son Repôrt on business) même si le Sun, le Toronto Star, etc. avaient (et ont encore) plus de tirage.

    En France, un article du Monde a plus d'influence sur la gent politique que des journaux plus populaires ou Paris Match et aux USA c'est le Washington Post qui a fait tomber Nixon, pas le Daily News.

    Bref, ce qui compte pour un journal (pas ses proopriétaires et actionnaires sans doute mais pour sa mission), c,est son influence,sa crédibilité, auprès des lecteurs ordinaires sans doute, mais surtout auprès des décideurs.

    On ne m'a pas encore convaincu que la presse écrite (et payante),le journalisme d'enquête et biein fait, a perdu tellemnt de son influence. Ce sont touit de même des journmaux de la presse écrite et payante qui ont déclenché le scandale des commandites et presque fait tomber le gouvernement. ..

    Ce qui ne veuit pas dire que les journaux ne doivent pas faire un examen de conscience. Notamment du côté crédibilité... Des dossiers bieni faits l'assureront. Des médias qui ne font que du divertissement, seront peut-êtere lus, écoutés, regardés (pensons à Star Académie).

    Mais quelle influence auront-ils?

    Me semble que la mission du journalisme, c'est informer et former.

    Le peuple veut autre chose? Peut-être. Sûrement même...

    Le peuple aimait les gladiateurs au temps des Romains (oni comoprendra que je reviens d'Italie...) est-ce une raison pour lui doner des chrétiens à bouffer?

    Le peuple aime les Macdonald, les poulets Kentucky. Est-ce des raisons pour multiplier ces lieux de malbouffe, renoncer à la bonne cuisine et la gastronomie, et ne servir, en journalisme comme en cuisine, que du junk food sous prétexte que les gens préfèrent cela?

    Moi je pense pas.

    Cessons le débat sur le tirage et portons-le sur la qualité. Si les gens sont aussi intelligents qu'on dit, le tirage s'en portera mieux. Et si les gens boudent même les journaux bien faits, bien on mourra. Mais au moins, on aura la satisfaction de mourir le devoir accompli.

    C'est pas parce que les gens (enfin plus qu'on pense) aiment les putains qu'on doive se prostituer...

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  2. Pierre,

    1- Le journalisme
    Le journalisme n'est pas un support. C'est un métier. Le vinyl a presque disparu. Pas la musique. Le journalisme ne disparaît pas. C'est l'endroit où les journalistes diffusent leurs informations qui change. Et si demain, on ne lit plus sur le papier. Ca ne veut pas dire que l'on n'aura plus un journalisme de qualité. Je crois même qu'internet nous offre la possibilité de faire un journalisme d'une qualité bien supérieure aux médias classiques -- car les possibilités techniques sont énormes et favorables à l'information. Je ne m'étendrai pas ici sur le sujet mais je suis prêt à expliquer ce qui me fait dire ça.

    2- La qualité
    Elle est à définir. Une information de qualité ne peut pas -- à mon avis -- être jugée par rapport au sujet abordé. Ca reviendrait à dire qu'il y a des sujets dont la presse doit parler et d'autres non. Je crois que la qualité d'une information repose sur plusieurs critères : la cible, le timing, la justesse, l'apport en information, etc, etc.
    Pour illustrer : Une information sur comment payer ses impôts en Chine dans le journal de Montréal n'est pas une information de qualité car elle n'a pas sa place dans ce journal. En revanche, dans l'absolu, c'est une information de qualité. Le résultat des élections municipales de Québec dans le journal du Golf n'est pas une information de qualité pour la même raison. On voit donc que qualité rythme -- d'abord -- avec objectif du journal.

    3- Le lecteur/consommateur
    Il agit face au journal comme il agit face à n'importe quel produit. S'il aime le contenu, il achète. Sinon, il n'achète pas. Aujourd'hui, les lecteurs ne nous disent pas qu'ils n'aiment pas le journalisme de qualité. Bien au contraire. Ils nous disent qu'ils n'aiment pas le produit journal. BIG DIFFERENCE. Ils ne l'aiment pas pour différentes raisons, comme par exemple :
    - trop cher pour ce que c'est
    - pas pratique
    - pas assez intéressant
    - moins bien que d'autres supports d'information

    4- La révolution du choix
    En plus ce lecteur, il a le choix. Grâce à la technologie. Hier, un lecteur ne lisait qu'un seul journal. Aujourd'hui, il a des multitudes de sources à sa disposition (merci internet). Il peut (ce que je fais d'ailleurs) lire l'édito de X au NYT, la page locale Y de son quotidien locale, les pages techno Z de la BBC, la page musique W de je ne sais qui, etc. Donc, il construit son journal sur mesure. Ce choix ne pousse pas à s'attacher à une marque. Car ce que j'ai envie de lire varie d'un jour à l'autre, d'un moment à l'autre. Et ces besoins aucun journal au monde ne peut les satisfaire. Seul la multiplication des sources le peut. C'est le génie d'internet.

    5- Les médias ont perdu le contrôle
    Hier les journalistes contrôlaient les tuyaux de l'information. Donc, ils pouvaient décider du contenu. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les tuyaux de l'information appartiennent à tout le monde. Donc, les journalistes ont perdu le contrôle du contenu. Mais, ils n'ont pas perdu la possibilité de faire de l'info de qualité.

    6- Réformer les journaux c'est augmenter la qualité
    La concurrence d'internet et de la télé câblée a changé à jamais le paysage des médias. Les journaux ne peuvent plus faire de l'info comme ils le font depuis plus des siècles. Ca ne veut pas dire qu'ils ne doivent pas faire de la qualité. Ca veut dire qu'ils ne peuvent pas raconter la même chose de la même façon qu'avant. Par exemple, si une entreprise vire subitement, à 9h du matin, 300 salariés, personne ne va attendre le lendemain matin pour lire la nouvelle. Car l'info sera déjà partout sur la toile, à la télé… La version dans le journal -- publiée quasi 24h après -- doit être différente de tout ce que l'on a pu lire avant dans la journée. Ce n'est hélas pas le cas dans 95% des journaux.
    Dites-moi à quoi ça sert d'avoir toutes ses infos périmées dans un quotidien ? Faites l'exercice demain, et regarder combien d'infos sont vraiment des infos pour vous. Les bras vont vous en tomber.

    Ce n'est pas parce que les gens n'aiment pas la qualité qu'ils ne lisent pas les journaux papier. C'est parce que les journaux papiers ont un contenu, une forme et une périodicité qui ne sont plus, en tout cas de moins en moins, adaptées à nos modes de vie et à nos besoins. La qualité c'est aussi ça : faire le bon contenu, au bon moment, pour la bonne cible, dans le bon format et au bon prix.

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  3. Pierre Vennat11:34 PM

    1- Le journalisme
    je suis d'accord à 100% avec vous là-dessus. Ce n'est donc pas là-dessus que nous différons d'opinion.

    2- La qualité
    Mais bien sûr qu'il y a des sujets que la presse doit parler et d'autres pas. Il y a des journaux (ou se disant tels) à potins qui passent leur temps à raconter toutes sortes de ragots sur la vie privée des gens. Je ne crois pas qu'un journalisme responsable devrait faire cela; il y a de plus en plus dse démagogie (surtout sur les lignes ouvertes de la radio), d'insultes, d'affirmations gratuites, pour ne pas dire de libelle. Je ne crois pas qu'on ait à faire cela. Par ailleurs certains médias ou journalistes hésitent à publier de snouvelles risquant de nuire à leurs investisseurs, à leurs clients ouo annonceurs, aux partis politiques dont ils partagent les idéaux, ou encore par crainte d'etre réprimandés. Je crois qu'ils ont tort. D'autres ne parlent pas de pauvreté, de misère, de scandales financiers, parce que leurs lecteurs n'aiment pas cela.
    Un journal doit peut-être plaire aux lecteurs (auditeurs, téléspecateurs) pour être renteable, mais un journaliste n'a pas à se soucier de cela (c'.est la job d el'adminsitateur). Un journaliste a à servir l'information, qu'elle plaise ou non.
    Je conçois le journalisme comme une job d'éducation poopulaire. En tout cas, c'est pour cela quie j'ai choisi ce métier en 1958 (je suis entré à la presse au printemps 1959). Avouez que j'ai une certaine expérience...
    C'est comme un prof. Le prof de culture physique, celui de cinéma, d'histoire (s'il est intéressant), sera sans doute plus populaire (en touit cas ici) que le prof de maths compliquées, d'algèbre, de géométrie ou de philosophie
    Miais un prof n'a `pas à plaire aux élèves. Il a à enseigner.
    Là où nous différons d'avis, cher Jeff, c'est que vous, vous avez souvent des critères de marketing. Comme le président actuel de La Presse (mon journal pourtant0.
    Moi, ce qui m'intéresse, c'est de parler des vraies questions. Que les gens (les lecteurs de la presse) soient davantage intéressés à savoir que Céline Dion aura un prochain bébé que de lire un reportage sur la faim en Afrique, ne m'empêcherea pas de dire que le reportage sur la famine en Afrique esa tplus important.
    Que le lecteur préfère lire sur le prochain match de hockey que sur le boourbier dans lequel s'elisent les AWméricainis en Irak, ne m'empechera pas de dire, de penser et de souhaiter que mon journal comporenne que la quesation palestinienne, l'irak, etc. c'est plus important que la prochaine saison de hockey.
    C'est ce que j'appelle une échelle de valeur.
    Je trouve que le journalisme est en train de la perdre, qu'on fait trop de journalisme spectacle.
    Vous n'êtes pas obligé de penser comme moi. Mais je ne suis pas obligé de penser comme vous.

    3- Le lecteur/consommateur
    Tout ceci est vrai. Mais tout comme le bon restaurateur ne cesse pas de faire de la bonne cuisine parce que une majorité de gens trouvent son restaurant trop cher; pas pratique; préfèrent le big mac, le coca cola au bon vin et le fast food qui se mange en 15 minutes au repas biein arrosé qui ne peut être dégusté à moins d'avoir une heure (de préférence deux) à passer à table, je n'ai pas l'intention de changer ma façon de faire du journalisme pour faire du journalisme-divertissement comme c'est devenu la mode.
    Bref mon cher Jeff, je ne dis pas que vous n,avez pas raison sur la désaffection des gens enverts le journalisme écrit. Je dis que vous négligez que les gens écoutent de moins en moins les bulletins de nouvelles à la radio et à la télé, mais de plus en plus regardent les élmissions de télé-vérité, les shows de variété et écoutent de plus en plus des lignes ouvertes ou des démagogues de teout acabit débitent des conneries.
    L'Inrternet. S'y trouve le meilleur et le pire.
    Vrai qu'on peut s'y très bien informé (je m'en sers énormément). Vrai aussi (vous le dites rarement) qu'on y trouve de la porno à volonté, d ela propagande, des mensonges éhontés, etc. Qui va faire le tri?
    Vous insistez souvent sur la nécdssité des médias et des journalistes de se responsabiliser, se transformer, etc. Vous avez raison. Il ne faut pas bouder le progrès (j'espère que vous m'accuserez pas de le faire).
    mais vous insistez peu sur la responsabilité des lecteurs.
    Voyez vous, Jeff, un proverbe dit que on a les gouvernements qu'on mérite. Je le crois. Les gens gueulent contre les gouvernements, mais ce sont eux qui élisent les Chirac, les George Bush, les Paul Martin et autres de ce monde.
    Idem pour les médias.
    Vous semblez trouver que le public a toujorus raison.Pas moi. Les masses ont suivi Hitler et Mussolini (ou Staline, Mao, etc.) Si elles ne l'avaienit pas fait, même avec leurs fiers à bras, ils n'auraient pas pu s'imposewr si longtemops.
    Faut pas toujours banaliser la responsabilité des gens.

    4- La révolution du choix
    Vous parlez de l'Internet comme un converti d'une nouvelle religion. J'ai l'internet, je consulte l'internet. Je ne vois pas pourquoi cela m'empëcherait d'écouter la radio, de lire un journal ou un magasine ou un livre (sans compter que l'Inernet à la longue, c'est fatiguant pour les yeux...), voir un film, regarder la télé. Pour vous, cela semble LE MOYEN. Pour moi, c'est UN MOYEN (parmi d'autres...)

    5- Les médias ont perdu le contrôle
    C'est surtout là qu'on diffère. L'information n'appartient pas à tout le monde. Tout le monde croit que ça lui apparatient, vrai. Tout le monde dit n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où, vrai. Plusieurs (trop) de journalistes, disent n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, vrai. Mais le vrai journaliste, celui qui a fait de sétudes (pas juste en journalisme, en sciences politiqiues, en histoire, en sociologie, en économie, en géogrpahie, en sciences pures, etc., selon saw spécialité) ne dit pas n'importe quoi, n'importe où ni n'importe comment. Il essa ie de comoprendre, puis d'expliquer. Comme un prof. Bien s¸ur, il n'u a pas que lui. L'écohomiste, le sociologue, l'hjistorien, l'expert en quelque chose (ne serait-ce qu'en plomberie) PEUT MAINTENATN communiquer son savoir directement par internet. Mais faudra toujorus qu'il y ait un tri. Sinon n'importe qui, dira n'improte quoi, sur n'importe quoi, n 'importe où et n'importe comment. Ca me fait peur. Pas vous?

    Bon. Ca m'essouffle tout cela. C'est malgré tout un débat sain. Faut que le débat se fasse, que les médias changent et les journalistes aussi. Mais vouloir faire de l'Internet une religion (oui dire que le papier va disparaître, c'est comme si on disait que le livre va disparaître. Les salons du livre attirent encore des milliers de fans et , chose réjouissante, au Québec en tous les cas, de plus en plus de jeunes lisent. Ce quii ne les empêche pas de consulter l'Internet et de jouer avec leur ordinateur aussi. On peut faire les deux.)
    M'excuse d'avoir été si long.

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