Jan 13, 2006

Et si les grands groupes médias décidaient ensemble de ne plus laisser Google and Co chercher leur contenu ?

Imaginez ! En 2006, les grands groupes médias décident, d'un coup d'un seul, de faire front commun contre Google, Yahoo… Ils rendent non-cherchable leur contenu, sauf sur un site gratuit qu'ils mettent en place et qu'ils équipent de leur propre moteur de recherche. Ils vendent eux-même la pub, à leurs conditions. Et ouvrent leur site – gratuitement – à tout éditeur qui le souhaite.

Ce scénario "catastrophe" pour Google and Co nous est proposé par Jon Fine, éditorialiste spécialiste des médias à Business Week (article ici en anglais). Fantasme ou potentielle réalité ?

"For the life of me, I can't imagine why they haven't done it,"
déclare Tom Curley, P-DG de Associated Press, à Fine. L'agence de presse américaine — si j'ai bien compris l'article de Jon – serait d'ailleurs en train de mettre en place des packages web d'info sur le voyage, le basket… qui — nouveauté de taille — seront accessibles par UN SEUL moteur de recherche. Ce, après qu'il ait remporté les enchères sur le package.

La stratégie d'AP, si elle se confirme, est-elle le début de la rébellion des fournisseurs de contenu ? Va-t-on assister à une mise en place de "barrières" afin de ne plus rendre accessible certains contenus aux moteurs de recherche ? La stratégie — si elle se met en place – vous semble-t-elle suicidaire pour les éditeurs qui se couperont ainsi d'un important traffic ? Ou, au contraire, pensez-vous que c'est une stratégie gagnante qui permettra de rendre à César ce qui appartient à César ?

4 comments:

  1. Ce n'est pas l'indexation du contenu qui doit être limitée, mais sa délivrance d qui peut ou doit l'être, non ?

    Je comprends bien l'idée, mais ça me semble tout de même pensé à l'envers.

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  2. La question s'est posée, elle n'est pas si ridicule, mais ceux qui l'ont avancée défendaient un modèle payant, strictement. La question du coût d'acquisition des nouveaux lecteurs a, je crois, fait fléchir provisoirement ce type de scénario mais je ne serais pas étonné d'ici quelques années qu'apparaissent des stratégies de ruptures de ce type.

    Dans un modèle gratuit je doute un peu de la pertinence du procédé, mais il faut garder à l'esprit qu'un des problèmes posés par le lectorat qui provient de façon aléatoire des moteurs de recherche est qu'il peut difficilement être décrit comme fidèle, en affinité etc... Bref pas bon quand on veut le valoriser en pub et mettre en valeur la relation avec son lectorat.
    Donc fermer les écoutilles, assumer une audience plus limitée mais très fidèle, n'est pas stupide.

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  4. J'ai personnellement collaboré à la plus grande ouverture d'un quotidien sur le Web. Alors que le site était plus ou moins hermétique aux moteurs de recherche, il attirait 4,000 référants des moteurs de recherche par mois sur le site. Six mois après la refonte, c'était 110,000/mois. Ensuite, après l'ouverture de l'accès sur 3 années d'archive, c'est près de 750,000/mois.

    Ce site offre une partie de ses articles sous forme ouverte et d'autres sont offerts en partie vérouillés et disponible complètement avec abonnement seulement. Mais les archives, elle sont totalement ouverte.

    Depuis sa refonte le site utilise aussi de la publicité contextuelle, je crois que cela a été très profitable.

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