Jan 25, 2006

Les journalistes et les médias ont-ils peur de leur audience ? Si oui, pourquoi ?

Un quotidien local américain, le Wisconsin State Journal de Madison, a décidé de soumettre sa Une quotidiennement au vote populaire (en savoir + ici en anglais)… On devrait applaudir. Certains le font d'ailleurs. Ils sont rares. Enfin un canard qui essaye quelque chose. Bravo. Non ? Et bien non! La grande majorité des commentaires que je lis sur les espaces de discussion du monde journalistique critique l'initiative.

On crie à la presse réalité… On dénonce le glissement vers la débilité ! J'en passe et des meilleures. Si, je résume l'ensemble : le lecteur est un con inculte qui ne s'intéresse qu'aux histoires de fesses et qui est incapable de toute intelligence collective.

Dans le même temps, je continue à constater l'impossibilité de commenter en direct et sans filtres sur 99,9 % des sites médias. Le prétexte est toujours dans la même veine. En gros, le lecteur ne sait pas se tenir. Si on le laisse commenter tout va forcément déraper dans l'injure, le racisme, la discrimination et je ne sais quoi encore.

L'image ainsi donnée du lecteur est très négative, très défensive… pour ne pas dire méprisante. À tel point que je finis par croire que les journalistes ont peur de leurs lecteurs.

1 comment:

  1. Dur d'abandonner son dernier privilège : la Une. Il y a une culture de la Une naturellement ancrée chez chaque journaliste. J'ai passé des années à essayer de démontrer à mes rédactions que sur le web la une a perdu sa puissance et de sa sacralité. D'un autre côté conserver ce principe du choix c'est affirmer qu'on a quelque chose à dire. Une voix à affirmer ce qui est aussi vital pour un média.

    Les expérience de "citoyen journaliste" sont fascinantes mais n'ont pas encore, pour la plupart, démontré leur crédibilité. C'est probablement encore trop tôt. Je partage votre sentiment sur les commentaires et autres formes d'ouverture, d'un autre côté je ne suis pas sûr que le rêve d'un lecteur sérieux soit de déambuler dans une épicerie géante ou chaque info est étiquettée. Bête question de confort de lecture. N'oublions pas aussi que la communauté est capable de produire aussi de la conformité.

    Le positif c'est qu'on se pose les bonnes questions. Pour le reste en effet il faut oser..

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