Feb 14, 2006

Belgique : De Standaard bloque ses liens vers Google

De Standaard, a décidé de bloquer ses liens vers Google News, annonce le quotidien français Libération (article complet ici). Ainsi, on ne devrait pas pouvoir trouver les informations du journal belge dans les pages news du moteur de recherche, qu'il vient de lancer pour la Belgique et les Pays-Bas.

De son côté, l'Association des éditeurs flamands estime que Google devrait passer à la caisse pour la réutilisation de contenu. Une offensive en lien direct avec celle prise par l'Association mondial des journaux (AMJ ou WAN). Elle vient de mettre en place un groupe de travail pour réfléchir à la mise en œuvre de "moyens concrets d'obliger Google et ses concurrents à «dédommager» les sites d'information référencés", explique Libé.

En 2005, l'Agence France-Presse a décidé de passer à l'action. Elle a attaqué Google devant les tribunaux et réclame 17,5 millions de dollars aux US et 2,8 millions d'euros en France (en savoir + ici -- article Libé). En 2003, l'agence de photo allemande DPA avait gagné un procés similaire contre Google.

Se couper des moteurs de recherche, solution ou suicide pour la presse ? Ou bien, Google va-t-il finir par accepter de dédommager les fournisseurs de contenu ?

3 comments:

  1. Jean François Parent2:39 PM

    L'indifférence généralisée en même temps qu'une grande perplexité devant cette stratégie des éditeurs qui semblent ne pas voir qu'ils ont tout à perdre et rien à gagner de cette histoire.

    Honnêtement, qui verra la différence? Cela empêchera les non-belges parlant le flamant de connaître De Staandard et les habitués du quotidien en ligne de voir les références sur google. Big deal!

    Que TOUS les grands quotidiens, notamment anglosaxons, qui déterminent les grandes couvertures mondiales, se retirent et le modèle tombe à l'eau. Mais que un ou deux ou trois quotidiens (belges ou hollandais ou ceux des petits marchés captifs) fassent cela est un coup d'Épée dans l'eau.

    Cela dit, cette riposte est ingénue, de même que toute cette idée de demander des redevances pour le référencement. Le web fait ce que la radio et la télévision font depuis des lustres, à savoir des revues de presse. Attribution et extrait sont le propre des revues de presses faites aux infos: pourquoi paieraient-ils des redevances? Et surtout, pourquoi s'en prendre à google et à personne d'autre?

    Cela me paraît être un réflexe corporatiste qui ne rime à rien, qui coûte beaucoup plus cher que ce que ça peut rapporter et qui, surtout, est contraire aux modèles d'affaires web, à savoir la maximisation de l'achalandage pour vendre des pubs à gros prix. En fait, je comprends mal que l'on ne veuille pas voir que ce que Google fait est une panacée pour les quotidiens: ils assument les risques alors que les bénéfices sont partagés entre le moteur de recherche et les sites des quotidiens, sans que ces derniers ne paient un sou et, surtout, sans enfreindre le droit d'auteur puisqu'il s'agit de référencement et non de repique.

    On se doutait que certains éditeurs de canards n'étaient pas très portés sur la gestion commerciale, mais toute cette histoire dépasse l'entendement: Elle est fondée sur une mauvaise lecture du marché, elle s'appuie sur la défense d'un principe (le droit d'auteur) qui n'est nullement remis en cause dans ce cas précis et surtout, n'est tout simplement pas bénéfique économiquement, au contraire de ce que google propose. Sans compter toute la pub gratuite que cela fait pour Google.

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  2. Je me permets de cross-poster un commentaire récent exactement sur ce sujet que j'ai posté initialement sur le blog de Loïc Lemeur.

    le débat est un peu plus compliqué que ça. J'ai toujours considéré Google News comme un distributeur mais il est légitime que certains ne soient pas satisfaits des critères de filtrage aux règles obscures et aux résultats aléatoires.

    Toutefois le débat ne se situe même pas sur ce point. La presse en ligne doit justifier le caractère différent et spécifique de son audience et de la relation à son lecteur. Un site qui serait alimenté par une audience majoritairement en provenance d'un moteur de recherche ou d'un aggrégateur de news pourrait difficilement jusfifier le caractère spécifique des son lectorat. Lequel n'aurait pas de raison d'être fidèle. Tout ça pèse lourd quand il s'agit de justifier les tarifs publicitaires.

    C'est ca le coeur du problème et les groupes de presse, y compris aux US, prennent conscience de l'aspect pervert de la relation de dépendance aux moteurs de recherche. On en pense ce qu'on veut mais il y a bien une logique économique à vouloir se défier des moteurs de recherche. N'oublions pas, n'en déplaise à beaucoup d'optimistes, que rien ne prouve à ce jour, bien au contraire, que la publicité à la performance façon Adwords peut à elle seule couvrir les frais de production d'un contenu exclusif.

    Pour cette raison l'avenir est au modèle mixte contenu professionnel/contenu des lecteurs. Mais à condition de pouvoir justifier d'une relation au lecteur différente de celle d'un portail.

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  3. Mais encore?

    L'annonceur est attiré par le «psychographic» de l'audience que le quotidien lui propose - si les vendeurs d'un site web sont incapables de documenter le prix de la pub qu'ils vendent, avec tous les outils dont ils disposent, ils ne méritent tout simplement pas l'argent qu'on leur verse.

    Par ailleurs, que le lectorat augmente (via le nombre d'impressions) par le trafic des moteurs de recherche ne change rien à l'équation; si ça se trouve, c'est même bénéfique, car le quotidien pourra ainsi justifier son pitch auprès des annonceurs internationaux (Sony, Microsoft, etc).

    Enfin, je suis d'avis que c'est au quotidien de faire la preuve que l'aggrégation de news lui nuit. Et jusqu'ici, ils n'ont aucun argumentaire crédible qui vaille la peine d'être débattu.

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