Jul 21, 2006

PQN suite : papier, confort de lecture et e-paper

PAPIER -- Soyons clair, je ne suis pas pour la disparition du papier. Je ne suis d'ailleurs pas contre non plus. Ce n'est pas le problème. Je fais juste un constat : la PQN n'arrive pas à gagner de l'argent depuis des années. L'un des principaux coûts de cette presse : c'est l'impression, l'intervention humaine, les machines à amortir, les locaux et la diffusion. Un coût qui, de mémoire, représente entre 35 % et 45 % des coûts de la PQN (corrigez moi si je me trompe). La rédaction doit représenter entre 10 et 20 %. Donc légitimement, je me pose la question du tout web. Je ne dis pas que c'est faisable à la seconde. Je dis que c'est une solution à envisager. Et, en plus, ce n'est pas forcément une solution exclusive. On peut imaginer un produit papier 3 fois par semaine et le reste en ligne.
On me répond : attention à la cata. Et perdre 30 à 15 millions d'euros, ce n'est pas déjà la cata ?
Enfin, pour continuer sur le papier, une des solutions que j'envisage, c'est la gratuité. On est donc toujours bien sur une solution papier. Partir dans une direction ou une autre, c'est au fond un problème de capacité d'investissement.

CONFORT DE LECTURE -- Je croyais avoir répondu à cette question, mais je le refais avec plaisir. Je pense que la lecture sur le papier est une habitude générationnelle. Il y a des gens qui ne peuvent pas lire sur écran. Mais ils sont de moins en moins nombreux. C'est pour ça que je te posais la question Bertrand : combien de temps passes-tu à lire sur papier et sur l'écran. Clairement, tu passes plus de temps sur l'écran. Qui aurait dit que des millions de gens regarderaient leur film et leur émission télé sur un iPod ou même en ligne dans un rectangle de 6 cm sur 4 cm ? Alors, que bientôt il faudra avoir un salon de 100m2 pour y faire rentrer sa télé. 100 millions de vidéo visualisées par jour sur You Tube ! Plus de 4000 magazines papier qui disparaissent en Korée du Sud, en huit ans, au profit, en autre, des écrans ! Yahoo news ! le premier site d'info du monde. Et à côté de ça, la presse écrite (mais aussi la télé et la radio -- on oublie trop souvent de le dire) qui perd des lecteurs un peu plus chaque jour. Apparemment le confort de lecture ne suffit pas à faire vendre et ne résoud pas l'équation : les coûts sont supérieurs aux recettes.

E-PAPER -- J'aime l'idée du e-paper. Il permet en effet de réduire les coûts de fab et de diffusion. Maintenant, je me pose une série de questions sur ce support :
Les proto que j'ai vu passer ne font que répliquer le design d'un journal papier et ne sont pas interactifs. Sans doute parce qu'on ne va pas perturber les lecteurs traditionnels et les annonceurs. Donc est-ce que ça veut dire que l'on renonce à attirer les non-lecteurs de quotidiens ? Pourquoi les générations qui sont déjà habituées à ne lire que sur l'écran et qui adorent l'interaction vont soudain accepter une régression de l'outil ? De plus, on n'a pas résolu le problème du contenu, ni celui du prix. Pourquoi le contenu payant du Monde deviendrait plus attractif à ceux qui ne l'achètent pas aujourd'hui sur un e-paper que sur un morceau de papier, surtout s'il est payant sur le e-paper ? Sans oublier que le Monde est gratuit en ligne. Le consommateur posera automatiquement la question pourquoi ne pas donner accès au site sur ce e-paper au lieu de faire du copier/coller du papier. Non ?

3 comments:

  1. Anonymous10:59 AM

    Reporters and convergence

    I know this was posted over on the Editors Weblog more than a week and a half ago, but Jeff Mignon of Media Cafe has hit it on the head: He says traditional print journalists should prepare themselves for a new news age, ready to pick up the video camera and microphone, asking themselves how best to tell the story.

    http://www.visualeditors.com/bethblog/2006/07/reporters-and-convergence/

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  2. Francois Dufour11:03 AM

    Jef, tu te plantes !

    J'obtiens avec un journal papier un plaisir que je n'ai pas avec mon ordi.

    Pas seulement tactile.

    J'aime découvrir ce qu'il y a dans mon journal que j'aime. 10 ou 15 minutes par jour, le soir avant de dormi même le lendemain même le week-end, avec des infos vieilles de qq jours. Découvrir. Etre certain qu'il y aura tjs qqchose qui M'intéresse.

    Moi. Mon journal.

    Sur Internet, je cherche qqchose en particulier, je ne surfe pas pour mon plaisir, ce serait trop long beaucoup trop long.

    Ne me parle ps des RSS et des Yahoo news ou Google news : à l'expérience, pour moi, c'est de la merde.

    Vive le journal papier mais n'importe lequel.

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  3. magicjc4:46 AM

    En plus du confort de lecture il y a aussi l'effet recommandation du papier, surtout en presse magazine.

    Quand vous tournez une page vous voyez : un titre, un chapeau dont vous pouvez lire sans effort quelques mots, des illustrations, des intertitres... qui peuvent vous amener à lire un article qui a priori ne vous aurez pas intéressé et que vous n'auriez pas cliqué sur un écran. C'est la version "consommateur actif" de la télévision.

    Pour la gratuité, on y est presque, un lecteur sur 6 ou 7 n'a pas payé son journal. Encore un petit effort.

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