Jul 25, 2006

Procès Google/AFP -- l'Agence France Presse est-elle dans l'impasse ?

Comme vous le savez sans doute déjà, l'AFP a intenté un procès à Google en mars de l'année dernière. Motif : Google violerait son copyright en affichant du contenu produit par l'agence de presse française et pour lequel, l'entreprise américaine ne paye aucun abonnement. L'AFP réclame $ 17,5 millions.

Google a accepté de supprimer les liens vers le contenu de l'AFP. Problème, comme nous le révèle un article publié par Macworld, le 17 juillet dernier, on le trouve toujours sur le site Google News en faisant une recherche. Et pour cause, l'AFP est une entreprise qui syndique son contenu aux entreprises de presse. Lesquelles rebalancent ce contenu en ligne. Faites l'exercice vous-même. Cherchez : "Agence France Presse". Je viens de le faire : 1220 retours (résultat ici).

À l'époque, j'avais commenté la news sur un blog dont j'ai oublié le nom, insistant sur cet aspect du problème. Je ne voyais pas comment Google allait réussir à ne plus indexer du contenu AFP. Contenu qui, par définition, se retrouve sur les sites de ses centaines d'abonnés. C'est aussi la question que se pose John Burke, dans editorsweblog : "Est-il vraiment possible de supprimer le contenu AFP de Google ?"

En effet, est-ce que l'agence française va demander à ses clients de ne plus rendre les articles, les photos, les graphiques, etc, signés AFP, cherchables par Google News ? Si oui, les entreprises de presse abonnées au service vont-elles accepter de perdre des centaines de pages vues ?

Une stratégie complétement "suicidaire" selon John Burke : "I don't think the French daily Le Figaro would be too happy if readers couldn't access its article found through Google News about a deceased French comedian because of the photos in the slideshow it offers come from AFP. Or that the Guardian would appreciate it if readers couldn't click through to an article about the Zidane headbutt because a picture next to the story is accredited AFP/Getty."

Je suis curieux. Dans l'hypothèse où l'AFP ne veut vraiment plus voir son contenu sur Google News et demande à ses abonnés de ne plus rendre ce contenu accessible, que feriez-vous ? Arrêteriez-vous votre abonnement AFP ou pas ? Comme John, pensez-vous que c'est une décision "suicidaire" ? Impasse ?

3 comments:

  1. Comme je l'avais signalé à l'époque certains médias sont passés directement chez Reuters ...
    Sinon la position est effectivement que ce n'est pas aux éditeurs de marquer leurs contenus comme n'étant pas accessible à Google mais à Google de faire le tri. Ca se tient même si concernant les photos j'ai toujours pensé qu'un certain nombre de règles de marquage pourraient être établies par l'AFP (tatouage des photo, balises et champs XML obligatoires en particulier pour la source, l'auteur et la date)
    Ceci de façon à imposer une gestion en ligne standardisée pour tous ses clients. Hélas nous en sommes loin.

    La position de l'AFP est certes risquée mais elle se tient sur le plan légal. La règle du "c'est vous qui refusez si vous ne voulez pas de Google" est assez culottée, google s'auto-instituant service public.

    A mon sens google devrait devenir client des agences avec une licences sur mesure. C'est le bon sens à un détail près: Google ne peut pas se permettre de laisser entendre qu'il est prêt à acheter le mondre contenu. c'est son modèle économique qui s'effondrerait.

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  2. Ce qui est intéressant dans ce débat, c'est qu'il faudra sans doute choisir entre Google et l'AFP... drôle de choix.
    Mais sur le fond, je ne crois pas que la position de l'AFP se tienne. L'AFP dit qu'elle ne trouve pas d'intérêt à l'audience apportée par Google. C'est vrai, puisque l'AFP ne propose pas de site de news financé par la pub, comme Reuters.
    Son business, c'est de vendre son contenu à ses clients.
    Mais l'intérêt de l'AFP n'est-il pas aussi de faire en sorte que ses clients soient contents ?
    Or, je suppose , comme John Burke, que les clients seraient contents d'être référencés par Google News... ou en tout cas ne le seraient pas s'ils ne l'étaient plus.
    Google News est un accélérateur d'audience pour les sites d'infos. Certes, un peu imprévisible (donc agaçant), mais accélérateur quand même.
    Google a raison de ne pas payer. C'est un moteur de recherche d'infos qui renvoie vers des sites d'infos, ce n'est pas un site d'infos qui pillerait l'AFP.

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  3. Quand je dis que la position de l'AFP "se tient", c'est sur un plan strictement juridique :-)

    Sinon l'AFP passe à côté d'une des raisons de souscrire à son service : le référencement.

    Sinon Google n'est pas qu'un moteur, en proposant des services de personnalisation, de la publicité il exploite de facto une partie du contenu. Le tout est de savoir si le bénéfice individuel dépasse le risque. Pour ma part je pense que oui, et qu'il faut assumer que c'est une forme de rémunération du réseau de distribution que du coup on ne paye pas...

    Attention toutefois à l'effet pervers du modèle. N'oublions pas que le phénomène du blog, par exemple, a donné naissance à une myriade de petits éditeurs qui tenaient le même discours tout en pillant les contenus d'autres sites. Ils disaient tous la même chose: on apporte de la notoriété et du trafic à l'éditeur d'origine. Vrai et faux à la fois, ils parasitent le système et exploitent le contenu (ce fut le fond de commerce des Engadget.com et compagnie... ). Au final c'est eux qui capitalisent sur la valorisation des contenus (phénomène similaire chez Google). L'éditeur lui n'a qu'une fraction de l'audience et une fraction de la notoriété. Il a été parasité.

    Dasn ces conditions mieux vaut disposer d'une marque forte pour négocier face aux intermédiaires, Google y compris

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