Sep 12, 2006

Projet : ne pas donner son opinion mais analyser

Quoi de plus ennuyeux et frustrant quand un changement, dans un projet, advient sur la base des goûts et des couleurs d'une personne. Je suis certain que vous vous êtes tous trouvés, un jour ou l'autre , dans cette situation. "Ma fille, qui étudie le design à l'école tarte-en-pion, m'a expliqué que le orange était passé de mode. Je crois qu'il faut changer cette couleur dans la couverture." Ca vous rappelle quelque chose ?

J'ai souvent dit à mes équipes, et j'ai toujours essayé de convaincre mes clients, qu'il ne fallait pas juger sur la base des "goûts et des couleurs". Pas simple. Je n'y suis pas toujours arrivé. Loin de là. Sans doute parce que je n'avais pas la bonne formulation.

Et de formulation, je viens d'en trouver une dans le livre de Seth Godin, un gourou du marketing, Small is the new big. Un très bon livre, plein d'énergies positives, que je vous invite à lire. Il a aussi un blog que vous pouvez consulter ici.

Seth n'y va pas par quatre chemin : "Tout le monde se moque de votre opinion." Le débat n'avance pas si vous dites : "Je n'achéterai jamais cette boîte" ou "Je n'aime pas ce rouge". Et il précise : "Ce que je veux à la place de votre opinion, c'est votre analyse". Est-ce que le produit que l'on me propose remplit les critères qui vont déclencher l'acte d'achat de la cible ?

Prenons le cas d'une couleur. Je prends la couleur car c'est l'un des sujets où les gens réagissent le plus par rapport à leurs goûts. Est-ce que cette couleur évoque le produit ou pas ? Par exemple, marron et orange pour un chocolat aux extraits d'orange. La réponse est oui. Bleu et violet, pour un jus d'ananas. La réponse est non. Opinion ? Non, analyse. Simple ici.

Rentrer dans la logique des goûts et des couleurs, c'est rentrer dans une spirale infernale. Celle du silence. Que puis-je dire sur vos goûts ? Vous ne les changerez pas pour moi. La discussion est impossible. L'analyse, en revanche, permet la progression. Mais, elle comprend plus de risque puisque, a contrario de l'opinion, elle est facilement démontable si mal structurée ou mal argumentée.

Pensez toujours à la cible, si on vous demande votre réaction. Posez-vous toujours la question : un acheteur de plus ou de moins ?

1 comment:

  1. jf farny6:56 PM

    [hors-sujet] Tu rêvais d'un site de PQR qui propose la possibilité de commenter les articles : c'est fait... le Bien Public dans sa nouvelle formule et ça marche... Et le site dans son ensemble n'a rien pour déplaire. Comme quoi tout fini par arriver ;)

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