Dec 13, 2006

Proposition n°1 : place de l'info nationale et internationale en presse quotidienne locale

Comme vos commentaires sont au moins aussi importants que mes posts, j'ai décidé de les publier sur la page d'accueil direct. Dans l'ordre où ils arrivent. C'est pour ceux qui ne vont pas lire les commentaires. Merci de vos contributions. Espérons qu'il y en aura plus.

Proposition n°1 d' Âne-au-nimous

1. On peut postuler que ça n'apporte rien au lecteur, mais que c'est quand même nécessaire. Un peu selon le schéma qui veut que les Français disent que la chaîne de télé qu'ils préfèrent est Arte alors qu'ils ne la regardent très peu: même si les lecteurs de la PQR ne vont presque rien lire dans les pages «France» et «Monde» (puisque, en effet, ils ont tout vu au 20h la veille), ça les rassure qu'elles soient là. Il faut raisonner à l'inverse: si elles n'étaient pas là, comment réagiraient les lecteurs? (Il semble que ce soit ce que vous avez tenté avec la NR Dimanche, alors à moi de poser une question: comment réagissent les lecteurs?)

2. En fonction de ce qui est dit dans le 1, on en tire la conclusion que la question de la plus-value n'a pas lieu d'être. Il faut par ailleurs rappeler qu'il n'y a aucune plus-value par exemple dans le quotidien «Metro» (par rapport au 20h de la veille, s'entend, ou par rapport à n'importe quel portail web) ce qui n'empêche pas des milliers de gens de le lire, parce qu'ils sont, justement, dans le metro.

3. Cf. réponse supra. C'est autant pour la marque que pour le lecteur.

4. Je pense que les professionnels concernés vont répondre par la négative.

On comprend bien là où vous voulez en venir: on peut supprimer l'info inter/nationale dans la PQR. Ce n'est pas aberrant d'un point de vue de simple équation économique (économie de papier en tout cas, puisque l'info en question ne doit pas être très chère à produire), mais cela générerait quand même, à mon avis, un risque important de décrochage du titre en terme de "référence". Le lecteur du "Courrier de l'Ouest", par exemple, ne va presque pas lire les pages non locales/services, mais si on lui supprime il va avoir le sentiment qu'on lui ôte une ouverture au monde. C'est une espèce de vernis de surface qui joue sur une idée de ce qui est important (ce qui se passe dans le monde a plus de poids que ce qui près de chez moi, mais c'est ce qui se passe près de chez moi qui m'intéresse).

1 comment:

  1. Narvic6:08 AM

    Au délà de l'argument de crédibilité (il faut que "ça" y soit), on peut mettre en avant, à mon avis, trois arguments de nature différente:

    - ne pas forcer le lecteur à acheter un second journal (quotidien d'information nationale et internationale), s'il n'éprouve pas un besoin d'informations approfondies sur ces questions, mais qu'il s'y intéresse tout de même. D'où l'intérêt de lui présenter un "diggest", qui va tout de même un peu plus loin que le journal télévisé de la veille ou le flash radio du matin (l'info accompagnée de quelques "mises en perspective": reportage, interview, chronologie, rappel historique, etc. L'AFP fournit habituellement ce genre de matériel.).

    - permettre au lecteur une comparaison de ligne éditoriale entre son journal de PQR et ses autres sources d'informations. Par expérience, je crois que le traitement des infos nationales et internationales contribue grandement à l'image de la ligne éditoriale que se forgent les lecteurs d'un journal de PQR (une très large part du courrier des lecteurs est d'ailleurs consacrée à ces questions, même en PQR). D'où l'intérêt de "soigner" leur traitement. Au delà de l'argument de crédibilité, les infos nationales et internationales jouent un rôle de vitrine.

    - enfin, même si peu de quotidiens de PQR s'engagent réellement dans cette voie, un traitement profondément rénové de ces infos, dans une perspective spécifique de la PQR me parraît possible: traiter du national et de l'international "sous l'angle" régional.

    On peut mobiliser, ce qui n'est fait qu'occasionnellement, des ressources régionales qui existent pour traiter ses questions: des experts résidant dans la zone de diffusion (universitaires par exemple), des acteurs (députés et sénateurs locaux, que l'on fait rarement intervenir sur les sujets internationaux dans la PQR, alors qu'ils ont une légitimité, et parfois même une compétence!, pour le faire), des témoins (touristes de retour de l'étranger, expatriés d'origine locale présents sur place, membres d'ONG sur place ou de retour, etc.).

    C'est une manière de faire de "l'international de proximité", sans tomber dans le travers du micro-trottoir, qui prétend que toute personne arrêtée dans la rue peut délivrer une information ou un commentaire pertinents sur la situation au Darfour !

    Cette approche présente sûrement des difficultés pour la PQR:
    - elle demande un grand décloisonnement des rédactions, ce qui s'avère toujours très difficile à opérer (et la PQR n'en est pas encore au décloisonnement "bimédia" !).
    - elle remet en cause la position du management, qui voit se développer son rôle de coordination et d'animation permanent sur l'ensemble des rédactions et des contenus du journal (de l'international jusqu'au local). Et c'est beaucoup demander à un management de la PQR, qui est bien souvent "fatigué" et très peu au fait des questions nationales et internationales.

    Bref, c'est une voie difficile, mais elle me semble intéressante.

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