Dec 13, 2006

Proposition n°4 : place de l'info nationale et internationale en presse quotidienne locale

Proposition n°4 de Dominique Bannwarth :

La question de la place de l'information générale nationale et internationale dans un quotidien régional et local a certainement nourri quantité d'études ces dernières années à voir aussi la manière dont beaucoup de titres ont cherché à travers leurs nouvelles formules à y répondre.
Quand on interroge des lecteurs fidèles à un titre de PQR la valeur "statutaire" de l'info géné reste assez forte, notamment chez les plus âgés. Difficile d'imaginer pour ces lecteurs de 20, 30, voire 40 ans que LEUR journal ne leur parle plus de tout, du plus lointain au plus proche.
En revanche pour la conquête de nouveaux lecteurs, évidemment plus jeunes, moins stables dans leur fréquentation, recherchant d'autres valeurs d'usage dans la lecture d'un journal (payant ou gratuit comme l'a remarqué un intervenant plus haut), l'offre d'infos géné doit être calibrée et formatée autrement. Mieux comprendre le monde dans lequel on vit, cela pourrait être l'enjeu de ces pages Monde et France, à condition que les moyens mis en oeuvre respectent la promesse.
A l'instar d'une presse quotidienne nationale qui s'évertue à développer cette même fonction (et on ne peut pas dire que le succès soit spectaculaire pour certains) de décryptage du monde d'aujourd'hui, la PQR - avec des titres comme Le Télégramme par exemple - ambitionne de relever ce défi. Sans compter sur ce seul effort pour conquérir de nouveaux lecteurs, mais surtout pour casser l'image de "journal des parents" centrés sur la vie locale (les fêtes locales, les grands âges, les élus/notables qui coupent les rubans... ), "ringard" et "vieillot".
On peut se dire que globalement la PQR a entamé un aggiornamento sur ces questions même si la seule duplication du fil (ombilical) de l'AFP reste encore trop souvent le choix de la facilité. Mais quand la PQR s'y met, cela peut être pertinent et revalorisant pour elle mais aussi pour son lecteur.
Cela dit, la réflexion sur la prise en compte de la dimension internet peut favoriser une nouvelle fonction en valeur ajoutée de ce traitement revu à la hausse: celle de permettre le débat entre les lecteurs sur des thématiques et des faits qui l'interpellent dans sa vie quotidienne ou dans son vécu citoyen. Du global au local en quelque sorte.
Le récent congrès de la fédération française de la presse à Strasbourg a abordé ces questions. Lire pour cela mes posts sur laviecommeelleva.blog.20minutes.fr

1 comment:

  1. Pour moi, il n'y a qu'une loi valable pour parler du national et de l'international : c'est tout simplement la loi de proximité.

    Proximité géographique
    Proximité affective
    Proximité thématique

    A travers ces trois items, on peut parler du monde entier aux lecteurs d'un quotidien régional, dès lors qu'il y a une résonnance géographique, affective ou thématique.

    Donc la question de supprimer les infos nationales ou internationales ne se pose même pas.
    Le tsunami en Asie nous a touché parce que nombre d'occidentaux en vacances en ont rapporté leurs témoignages, certains ont disparu, etc (proximité affective). Les "Enfants de Tchernobyl" nous touchent parce qu'ils pourraient être nos enfants;
    Le fait que la Chine se développe me touche, car je sais que des emplois situés à côté de chez moi son menacés.
    En revanche, savoir qu'un type a dévalisé une banque à Oulan Bator m'importe peu, car je n'y trouve aucune proximité.

    Les infos nationales et internationales ont toute leur place, dès lors qu'elles touchent à nos proximités : c'est une question de choix rédactionnels.

    Ensuite, viennent l'analyse et le commentaire (la plus-value par rapport à ce qu'on trouve dans les JT). Ils sont indispensables, car ils personnalisent l'info, la mettent en perspective et donnent à réfléchir aux lecteurs.

    ReplyDelete