Sep 7, 2007

Presse quotidienne américaine : la chute des revenus continue alors que le trafic des sites stagnent dans la majorité des cas depuis deux ans

Les mauvaises nouvelles continuent de tomber pour la presse quotidienne américaine locale et payante. Le 31 août dernier, la Newspaper Association of America annonçait que les revenus publicitaires des deux premiers trimestres 2007 n'avaient pas été aussi bas depuis dix ans. Un recul de 8,6% par rapport à la même période 2006. Et ce, malgré une hausse des revenus de la pub sur internet de 19% (796 millions). Et une économie américaine qui reste en très bonne forme.

À ce rythme, ce sont environ 3,5 milliards de revenus que devraient perdre les quotidiens cette année. La plus grosse baisse semble être du côté des petites annonces. Les trois catégories -- auto, immobilier et emplois -- reculent de 14,8% sur cette moitié de l'année 2007 (6,8 milliards de dollars versus 8 milliards en 2006 sur la même période).

Alan Mutter attire notre attention (ici en anglais) sur le fait que les six premiers mois représentent en moyenne 47% des revenus de l'année. Aussi, il prévoit que le revenu de la presse quotidienne reculera de 8% en 2007. Après avoir reculé de 3,7% en 2006. Rappelons que ce résultat 2006 n'a pas empêché des profits net moyens (avant impôt) de 20%. Il reste donc de la marge. Mais ce qui impressionne c'est la vitesse à laquelle la chute a lieu.

D'autant plus que les news arrivant du net ne semblent pas très réjouissantes non plus. Une étude du Joan Shorenstein Center on the Press, Politics and Public Policy, de l'université d'Harvard, (PDF ici en anglais) nous apprend que le trafic de la majorité des sites de quotidiens n'a pas bougé depuis un an, voir reculé.

“... The websites of most other newspapers — whether in large, medium-sized, or small cities —have lost audience and their sites on average have substantially fewer visitors now than a year ago,"
affirme l'étude. Elle prend ainsi le contre pied de l'annonce (ici en anglais) de la NAA qui, depuis, a reconnu que le trafic des sites des quotidiens américains n'a pas, dans la majorité des cas, progressé depuis deux ans.

160 quotidiens ont été étudiés par le Joan Shorenstein Center. La progression annoncée vient, en réalité, des augmentations du trafic des sites du New York Times, du Washington Post et de USA Today. En général, les sites des petites et moyennes villes sont en recul, même si quelques uns progressent.

Rappelons qu'environ la moitié de la population en ligne à moins de 35 ans dans les pays occidentaux. Comme je l'ai dit à plusieurs reprises sur ce blog, il va falloir faire mieux que du copier/coller du print sur le web pour attirer ces jeunes. Selon moi, le print doit se focaliser sur les 50 ans et plus, et le web sur les moins de 40 ans. Ce qui veut dire développer des contenus et des services adaptés au web. Ce qui veut dire, surtout et encore une fois, attirer et savoir garder des entrepreneurs créatifs. Les médias ont besoin de plus que de bons gestionnaires. Non ?

3 comments:

  1. En effet, de trop nombreux sites web de journaux papier se contentent de copier-coller le contenu papier sur le web, alors qu'en réalité, l'inverse aurait été plus logique.

    Le contenu papier ne comporte aucun hyperlien du fait de la limitation de la technologie d'impression (le papier électronique n'étant toujours pas d'actualité), et par conséquent, copier-coller du texte brut sur le web, sans profiter des liens cliquables, n'aide pas ces sites de se mettre au niveau de sites exclusivement web, qui intègrent des liens au sein de leurs articles, complétant ainsi l'information de manière contextuelle.

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  2. Très intéressant, merci. Je crois que c'est une question de nouveaux usages, et la différence entre ceux qui les ont acquis ou non (et pas seulement de générations). De ce point de vue, on peut se demander si cela ne va pas faire émerger assez rapidement un modèle économique pour les "blogueurs" ou "éditeurs indépendants en ligne". La presse devra en amont s’interroger sur la production de vidéo par exemple et ne pas se contenter de reprendre des vidéos gratuites du web (je pense aux nombreuses reprises même sur les sites dans la grande presse). Il y a une vraie réflexion de fond à mener sur la production. Tout ça est passionnant.

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  3. Si la distinction générationnelle me semble pertinente en 2007 : le web pour les jeunes, le print pour les moins jeunes. Qu'en sera-t-il à long terme ? Dans 10, 20, 30 ans ?

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