Sep 19, 2007

Print : Faut-il encore se battre sur le terrain du payant ?

Vous ne m'en voudrez pas pour la question un peu provocatrice. Mais la presse écrite, dernier bastion de l'information payante, doit-elle encore se battre sur le terrain du payant ? Je me pose souvent la question et la fin de la partie payante du site du New York Times, la fait remonter à la surface.

Dans beaucoup de pays, la presse écrite est déjà quasiment gratuite. Aux USA, par exemple, la pub représente plus de 85% en moyenne du chiffre d'affaires d'un quotidien local. C'est environ 50% en France.

Gagner un nouvel acheteur ou un nouvel abonné coûte de plus en plus cher et, est de plus en plus difficile. Beaucoup de titres se battent d'abord pour freiner la baisse. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Est-ce qu'un journal gratuit, avec une meilleure diffusion et un tirage plus élevé ne serait pas au fond un meilleur pari ? On n'évitera pas la question.

Et, en parlant de pari, qui sera le premier à le faire et quand ? Vous dites quoi ?

6 comments:

  1. Je doute que le "grand soir" soit pour demain... tant la presse écrite payante semble avoir du mal à sortir de ses schémas anciens. Mais cela pose aussi la question de la valeur. Valeur de l'information, valeur du métier, valeur du produit. Les Echos qui viennent de lancer leur édition e-paper démontrent qu'on peut s'aventurer sur de nouvelles pistes de consommation de l'info... payante. A voir ce que va donner la formule de l'e-reader qui pour l'instant peut correspondre aux attentes un peu "geek" de décideurs et chefs d'entreprises. Mais on n'est pas encore à l'image souvent évoquée de Tom Cruise lisant son journal numérique dans "Minority report"!
    On ne sait d'ailleurs pas si Tom Cruise a payé un abonnement pour lire son journal...

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  2. La clé du web c'est le contenu. Le cacher, c'est affaiblir ses chances au niveau référencement.

    En gros, si tu obliges les users à avoir un user/mot de passe pour accèder à ton contenu, les robots n'y accèderont donc pas, une bonne partie de ton contenu ne sera donc pas accessible et indexé, tu perds donc des visites et donc une force publicitaire ...

    Au NYT, ils ont vite fait leur calcul !

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  3. oui à la presse gratuite, papier et web et vidéo... C'est l'accès à la culture et au savoir pour tous, la fin de l'élitisme. se pose juste le problème de la qualité. Peut-elle être conservée dans le cas de la gratuité ? Si je compare avec le monde du logiciel libre (donc gratuit), oui, c'est possible. Alors pourquoi pas dans la presse ? Christelle, journaliste

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  4. To be or not to be !
    Ya pas mieux comme question, mais ça reste théâtrale.

    Plus sérieusement, les derniers chiffres provenant du modèle gratuit en France ne sont pas particulièrement bons. Certes, 20 minutes nous démontre qu’en offrant un journal de qualité aux habitants de quelques grandes villes, ceux-là le lisent et donc en en distribuant une grande quantité, on devient mécaniquement le premier quotidien de France (étude EPIQ). Peut-être que 2008 sera à l’équilibre… par contre, compte tenu de la duplication, les autres titres gratuits ne seront pas à la fête ;)

    De là à étendre le modèle gratuit à toutes les formes de presse…c’est même pas envisageable… Mais faisons l’effort : par exemple, prenons la PQR. Il faudrait un CA additionnel instantané de 1,2 milliard d’euros nets (à ne pas confondre avec le brut sécodip) pour combler le manque à gagner de la vente des journaux et payer les salaires à la fin du mois N et pas N+1…. Avec un marché publicitaire particulièrement tendu… c’est clairement pas une solution d’avenir, sauf avec un bon projet de loi imposant aux annonceurs de doubler leur budget publicitaire et de la consacrer à la presse imprimée, mais c’est pas le style du Président actuel ;)

    Bon d’accord, mon raisonnement est erroné, il y aurait bien un moyen….. : se séparer des journalistes salariés en les échangeant contre des bénévoles, et les porteurs seraient également bénévoles et pour le moins chanceux ; tout en payant lui-même le plein de sa voiture, il irait livrer chaque jour M. et Mme X, habitant à la Godivelle .

    Toutefois, ce que tu relèves est juste : recruter un consommateur c’est cher et il existe des solutions moins onéreuses que le traditionnel ! Quand un restaurateur constate que grâce à Google son coût de recrutement est passé de 20 euros par tête à 8, il a vite fait d’abandonner les flyers et les annonces dans la presse gratuite pour optimiser sa marge… Avec un bon référencement dans les moteurs (et Google et de loin le plus efficace, sur le secteur de la restauration livrée sur le lieu de travail : 1.000 euros de budget pub génèrent 12.000 euros de CA, là où avant il lui en fallait 3.000 pour un chiffre identique).

    A l’image de ce restaurateur, les annonceurs mesurent de plus en plus finement les performances de leurs investissements et les optimisent de mieux en mieux, tant pis pour les média chers.

    A la façon de Cassandre, ce qui n’est pas une réalité aujourd’hui peut bien l’être dans quelque temps. Il y a dix ans, il y avait autant d’internautes* que de lecteurs du Monde, aujourd’hui il y en a autant que de personnes lisent* la PQR.

    * : au moins une fois par mois

    -> Christelle : tout à fait d’accord avec toi…. Tout gratuit, la musique, l’information, les livres, les films, mais aussi la bande passante, les ordinateurs, l’énergie et avec ça finie la lute des classes…. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! 6 couplets et tout y est ;)

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  5. coucou11:09 AM

    Tout gratuit? Et qui va accepter de les distribuer, comment, vers quels publics? Pour le web, OK, cela a du sens, mais pour du papier...

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  6. "la presse écrite, dernier bastion de l'information payante, doit-elle encore se battre sur le terrain du payant ?"
    Si la presse écrite s'est seulement "de l'information payante" c'est sûr que c'est mort. Si elle vend en plus un support mobile, une sélection de l'info, de la surprise et du plaisir, pas sûr...

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