Jun 13, 2006

The Guardian pousse ses lecteurs sur le web

En décidant de publier ses infos "monde" et "business" en ligne d'abord, le quotidien britannique, The Guardian, a pris une décision stratégique majeure. Il sera ainsi le premier journal de Grande-Bretagne a offrir un service "web first" comme il l'a annoncé ici. Et sans doute pas le dernier. Le papier conservera la priorité pour certains articles exclusifs, histoire "de maintenir le niveau de qualité de la version papier".

Majeure pourquoi ? Parce qu'en agissant de la sorte The Guardian vide sa version papier de certains de ses avantages produits et, ainsi pousse clairement ses lecteurs à adopter le net. Suicidaire diront certains. Visionnaire et stratégique diront les autres.

Jeff Jarvis, sur son blog, pense qu'il s'agit vraiment d'un "big deal" : "The Guardian’s move of releasing newspaper stories before they release the newspaper is a very big deal that it will end up transforming the business." Pourquoi ? Deux raisons principales selon lui :

1- L'avantage est donné clairement au web sur le papier. "The future is online, and so it is vital that we get ahead of the audience and draw them there, to our own places and brands, before they decide to go elsewhere," écrit Jarvis dans son post.

2- Cela va changer radicalement la façon dont pense la rédaction. Alan Rusbridger, le rédac chef du Guardian en réponse à une question de Jarvis raconte : "It’s a recognition of reality. As we talked about it in the morning conference today: I asked the doubters “does anyone believe we shouldn’t publish anything about Zarkawi until tomorrow morning (the news had just broken) in order to suit the newspaper publishing schedule or for fear of cannabalising our own readers”. No one said yes."

La décision du Guardian a fait réagir quelques lecteurs (ici). J'aime beaucoup cette phrase de l'un d'entre eux : "The web wants rolling news, and what the web wants, the web will get - from someone."

Le papier devient ainsi le compagnon du site et non l'inverse. Un changement logique et inévitable selon nous. Juste une question de temps. Non ?

1 comment:

  1. Logique je le pense aussi, c'est aussi une question de circuit de fabrication, retraiter des articles apres publication papier génére des coûts et des processus complexes. L'inverse est plus simple.
    Ce qui nous amène progressivement à l'idée que le papier sera un produit de luxe, non au sens de la superficialité mais au contraire parce qu'il sera précieux. Raison de plus pour lui accorder le meilleur du contenu.

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