Jun 12, 2007

La génération Facebook est elle une génération perdue pour les médias traditionnels ?

J'avoue ! Je suis fasciné par le phénomène Facebook. Facebook c'est quoi ? À la base, un réseau social en ligne qui n'acceptait que les étudiants américains. Aujourd'hui, le réseau a ouvert ses portes à tout le monde.

C'est-à-dire, 24 millions d'utilisateurs enregistrés. Dont 50% viennent tous les jours sur le site, générant environ 40 milliards -- oui, vous avez bien lu -- de pages vues par mois. Je ne vais pas m'étendre sur les chiffres. Francis Pisani a fait un bilan excellent sur Facebook ici. Je vous invite aussi à regarder la fascinante vidéo du fondateur et CEO de Facebook ici (en anglais).

Il paraît que 85% des étudiants américains sont inscrits sur Facebook... "et moi, et moi," comme dirait Dutronc. Justement, j'avais à dîner l'un de ces étudiants ce soir. Zach, 20 ans, en troisième année de fac à Penn State University. Le fils de mon associé et, actuellement, un de nos stagiaires en marketing. Vous savez tout.

Inutile de vous dire que le garçon est passé à la question. Je n'allais pas râter l'occasion d'essayer de comprendre ce qui le fascinait dans Facebook. Deux heures après de harcélement, la réponse est : "Not much... It's a good tool to stay in contact with your friends. And to have something to do when you are bored." Simple et déconcertant. Non ?

Est-ce que Zach a personnalisé sa page. Pas trop. Et ses amis. Pas trop, non plus. Pourquoi ? C'est fatigant de personnaliser sa page.

Je n'ai pas perdu l'occasion de lui poser des questions sur ses habitudes. L'info ? Oui ça l'intéresse. C'est une des raisons pour laquelle il va sur le net ? Mais où ? Quelle question. Google, bien entendu. Pourquoi ? "Parce qu'on y trouve l'essentiel", nous dit Zach. Et qu'en plus, "il y a un moteur de recherche". Un moteur de recherche qui, pour lui, est essentiel.

Quand a-t-il lu pour la dernière fois un journal papier ? Il ne s'en souvient pas vraiment. "Je lis parfois un journal quand le prof le demande ou je le trouve gratuitement sur un banc de la fac." Et les copains ? Lisent-ils des journaux. Non. Pareil. Google first. Pourquoi ? Pratique !

A la question : qu'attendez-vous d'un journal papier ? Le silence qui a suivi en a dit long. Ils n'attendent visiblement rien. A la question : que devrait faire une publication print pour attirer les jeunes ? Slience encore plus long. Et, même non réponse embarassée.

Alors génération perdue pour le print ? Vous en dites quoi ?

5 comments:

  1. Finalement quand je lis ce billet le lien entre "Facebook" et la presse n'est pas si probant. Au fond c'est un public qui ne lisait pas de journaux avant et ne lit pas non plus maintenant.

    Ce n'est pas nouveau mais je m'interroge toujours pour savoir si au total (papier + web) la presse a vraiment perdu des lecteurs. Le problème étant que sur le web elle a surtout gagné des lecteurs très occasionnels en particulier via Google.

    En ce qui concerne Facebook je suis aussi fasciné par cette machine à viralité (vraiment puissante) mais d'un autre côté l'utilité et la valeur ajoutée réelle me paraissent toujours en deça de ce que nous inspire notre enthousiasme d'early adopters.

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  2. Je rejoins les idées d'Emmanuel pour l'absence de lien entre Facebook et les non-lecteurs.

    Pour ce qui est de l'application en elle même plus que ses fonctionnalités, sa viralité, n'est-ce pas son poids (85% des étudiants) qui lui donne une attractivité, une masse critique qui fait que ne pas y être relève du suicide social ?

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  3. @Emmanuel et Quinze
    Je n'ai pas essayé de faire de lien entre Facebook et l'info. Désolais si ce n'est pas clair. Je me pose juste la question sur cette génération, que j'ai appelé la génération Facebook parce 85% d'entre eux y sont, et sa consommation de l'info. Comment la consomme-t-il ? Et comment vont-ils la consommer ? Enjeu critique pour les médias.
    Facebook se définit comme un outil viral d'information (au sens large et pas actu en particulier). Son CEO insiste lourdement là-dessus dans la vidéo que j'ai mise en lien. Il part de l'idée du "social graph". Expression que j'aime beaucoup. Et montre comment la viralité fonctionne. On est dans la logique du "tiping point".
    Cette logique de viralité est évidemment clé. Comment inscrire la consommation d'infos là-dedans ? Comment y retrouver ses billes financières ? C'est le problème que j'ai posé dans un de mes posts parlant de rendre perméable les médias. Sans perméabilité, j'ai peur que cette génération passe complétement à côté du contenu des médias traditionnels. Qu'est-ce que vosu en dites ?

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  4. Je ne suis pas sûr que le réseau social soit le lieu de consommation de l'info en revanche il me parait intéressant d'y construire des points de rencontre avec les lecteurs. C'est à dire utiliser les réseaux sociaux pour ce qu'ils sont: des lieux de rencontre plus que d'information.

    Je vais prendre le temps de tester deux ou trois idées pour voir.

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  5. Je pense que les utilisateurs de Facebook qui prennent les transports en commun lisent quand meme de la presse gratuite (3 ou 4 pages)...

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