Jun 4, 2007

USA : une école de journalisme veut former des développeurs web au journalisme

Les entreprises de presse vont devenir de plus en plus des entreprises technologiques. En tout cas celles qui sont en route pour passer à travers la tempête numérique que nous connaissons.

Comme depuis longtemps je défends l'idée que les gens du visuel ont besoin d'être des journalistes et que les journalistes ont besoin d'apprendre le langage du visuel -- ce qui n'est toujours que trop rarement le cas. Comme depuis longtemps je défends l'idée de journalisme visuel versus la direction artistique.

Depuis l'arrivée du web, je pousse à ce que certains journalistes s'emparent de la technique ou que certaines personnent de la technique deviennent des journalistes. Inutiles de vous dire que, dans la plus part des cas, on m'écoute avec politesse en se demandant ce que j'ai bien pu fumer avant de venir.

Pourtant, on a des exemples réussis, rares vous me direz, de ce passage des "geeks", comme on les appelle aux USA, au journalisme. Adrian Holovaty étant celui dont on parle le plus souvent.

Tout ça pour vous dire que Medill, l'école de journalisme de la Northwestern University, propose un programme de master qui s'adresse aux programmeurs et aux développeurs web.

" Are you a skilled programmer or Web developer? Are you interested in applying your talents to the challenge of creating a better-informed society? Do you want to learn how to find, analyze and present socially relevant information that engages media audiences? Do you see possibilities for applying technology as a way to connect people and information on the Web or new delivery platforms?"

Et, en plus, votre année d'étude peut être entièrement financée par un scholarship de la Knight Foundation. Pas besoin d'être Américain pour suivre le programme.

On espère en tout cas que ce genre d'initiative va se développer. Si vous en connaissez, n'hésitez pas à les signaler dans les commentaires.

Les écoles de journalisme ont, en tout cas, un énorme rôle à jouer. Elles doivent continuer à revoir leur logique d'admission, histoire d'attirer dans la profession la variété dont elle a besoin. Elles doivent continuer à revoir leurs programmes, histoire de mettre sur le marché du travail des profils variés et adaptés aux besoins des groupes de presse.

Elles ont encore beaucoup à faire dans le domaine du journalisme visuel. Combien d'entre elles d'ailleurs utilisent cette terminologie. Elles ont encore beaucoup à faire dans le domaine du management, du business et du marketing. Elles ont encore beaucoup à faire dans le domaine du multimédia.


2 comments:

  1. Vous auriez pu ajouter que quand, par miracle, un journaliste a les deux compétences (en France) il/elle est vu(e) comme un dangereux mutant, que les deux côtés refusent de reconnaitre comme l'un/l'une des leurs.

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  2. planetelejournal.com lancé par Naja Presse propose un traitement de l’information par des professionnels de la presse mais un traitement revisité : interactifs, ces journaux sont un appel à la transparence, à la publication d’avis et points de vue : le professionnalisme est un atout irremplaçable pour y répondre. Mais la fonction du media évolue très vite ; à égale distance du public qui s’interroge et du spécialiste qui veut faire passer son message, le journal est un lieu de débats où s’opère un double mouvement : du donneur vers le grand public pour l’information brute, et du grand public vers le donneur pour le questionnement de cette information (ajouts croisant de nouvelles informations issues de la réaction du public). Internet appelle donc des journaux et non des bulletins ou des sites maîtrisés par leurs seuls éditeurs. Les journaux web mettent à mal la définition communément admise du média et obligent à un travail fondé sur de nouvelles formes et un nouveau positionnement.

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