Jun 24, 2007

La nouvelle plate-forme de Facebook nous fait-elle entrer dans le web 3.0 et réaffirme-t-elle la nécessité absolue de la perméabilité des médias ?

Alors que le monologe du web 1.0 a tout juste commencé pour certaines entreprises. Que la logique du dialogue et des réseaux sociaux du web 2.0 n'a pas encore pénétré la très large majorité des médias traditionnels. Facebook lance une plate-forme que beaucoup qualifie de révolutionnaire. Cette plate-forme met-elle un terme à l'aire du web 2.0 ? Et, ouvre-t-elle officiellement celle du web 3.0 ?

On appellera ça comme on veut. Selon que l'on aime ou pas les étiquettes. Mais, la nouvelle plateforme de Facebook marque, sans aucun doute, une nouvelle étape pour internet. Cette étape, c'est celle d'une plus grande ouverture. C'est celle d'une plus grande perméabilité. C'est celle qui permet aux utilisateurs de, non seulement, adapter à leurs goûts les fonctionnalités du site mais de, en plus, créer les fonctionnalités manquantes dont ils ont besoin. Puis de les diffuser.

Rappelons, en deux mots, ce qu'est Facebook. C'est un réseau social en ligne. Le principe est simple. Vous créez votre profil. Puis, vous vous connectez avec vos amis déjà sur le site. Ou vous invitez à vous joindre ceux qui n'y sont pas. Objectif, entre autre, avoir le plus d'amis possibles. Toute a commencé avec des étudiants américains qui voulaient rester en contact. Puis, le site c'est ouvert à tout le monde. Aujourd'hui, plus de 25 millions de personnes sont des membres actifs. La moitié revient au moins une fois par jour.

Cette connectivité, cette chaîne humaine -- ce que le fondateur du site appelle le "social graph" et d'autres "the viral engine" -- est fondamentale pour comprendre l'intérêt de ce nouveau développement. Surtout quand on sait que le bouche-à-oreille est responsable de plus d'une vente sur deux.

Je reviens donc à la création de nouveaux modules. Par exemple, quelqu'un en développe un qui permet de traduire en français la presse japonaise. Vous mettez ce module dans votre espace Facebook. Vos amis reçoivent immédiatement une alerte leur disant que vous utilisez ce module de traduction. Ceux d'entre eux intéressés peuvent alors le rajouter à leur profil en un clic. Les amis de vos amis font de même. Etc, etc. C'est l'effet boule de neige. La viralité optimale puisque elle est basée sur la confiance. En quelques semaines un module peut avoir des milliers d'utilisateurs.

En plus, si vous êtes le créateur d'un module, vous pouvez gagner de l'argent en y mettant, par exemple mais sans limitations, de la publicité. Facebook vous laisse encaisser 100% du revenu. Oui ! 100 % ! Vous avez bien lu ! Rappelons aux sceptiques, le phénomène e-bay et les centaines de milliers de petites entreprises qui se sont créées autour et grâce au site.

La logique de la plate-forme, on le voit, se construit autour de quatre piliers : le profil utilisateur, la perméabilité/viralité, la confiance et la possibilité de rémunération. Le profil est la base de mon univers. Les modules me permettent d'agréger ce que je veux dans cet univers. Si le module n'existe pas, je peux le créer et le diffuser grâce à une technologie ouverte sur l'extérieur (API). Et j'ai la possibilité de partager mes choix et mes outils avec mes amis. Qui peuvent alors les adopter et les diffuser à leurs amis. Des choix qui peuvent me rapporter de l'argent.

Quelles sont les implications pour les médias traditionnels ? Difficile à dire pour le moment. Mais un point me saute aux yeux : c'est celui de la perméabilité/viralité. J'en ai déjà parlé ici. Je crois important d'en remettre une couche, à une heure où la majorité de la presse mondiale en est encore à se demander s'il faut construire des murs autour de ses différents contenus.

Pour satisfaire les membres de ces réseaux, il va falloir que les médias laissent les plate-formes de ces utilisateurs "aspirer" leur contenu et leurs services. Pas uniquement mais possiblement. C'est la perméabilité. Contenu et services qui pourront ainsi se répendre sur ce social graph, basé sur la confiance. C'est la viralité.

Il est fort probable que, dans les années à venir, ceux qui ne seront pas présents sur ces réseaux verront leurs marques, peu à peu, perdre de leur influence.

Au coeur de cette stratégie de perméabilité/viralité : le RSS, les widgets et les réseaux sociaux en ligne.

C'est ce que USA Today a parfaitement intégré en lançant son nouveau site. Il manque maintenant une plate-forme ouverte aux développeurs sur la base d'API.

Alors web 3.0 ou pas ?

PS :
1- Lire le blog de Francis Pisani, Transnet, qui a consacré sept papiers à Facebook.
2- Si vous voulez créer des modules pour Facebook. et profiter de cet engin viral, n'hésitez pas à me contacter. Notre équipe se fera un plaisir de développer votre module facebook.

3 comments:

  1. @ Jeff,
    Je voudrais juste faire une remarque sémantique. Tu parles régulièrement de "perméabilité" nécessaire des médias. La perméabilité renvoie à l'idée de laisser entrer/passer quelque chose. Ce à quoi beaucoup sont assez réticents.

    Je me demande s'il ne faudrait pas présenter l'idée d'une autre manière. Les médias doivent aujourd'hui produire leur information sous une forme "liquide". Le liquide a pour caractéristique de s'adapter à tout type de récipient sans rien perdre de ses qualités originelles. La "liquidité" de l'info serait alors la caractéristique permettant s'adapter à toutes les plateformes possibles.

    Juste une idée en passant...

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  2. Je comprends bien les réticences des uns et des autres. J'aime bien l'idée de liquide. Mais, ce à quoi je pense c'est bien la perméabilité. C-a-d non seulement laisser les utilisateurs récupérer le contenu des médias, mais leur permettre aussi de rentrer et de participer aux médias. Pour reprendre ton idée de liquide, il s'agit de laisser le liquide des médias se propager mais également de laisser le liquide des utilisateurs se propager à l'intérieur des médias. C'est la logique de plate-forme versus la logique d'application. Le dialogue versus le monologue. Il faut que la presse sorte de sa tour d'ivoire... ou elle y restera seule.

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  3. Anonymous3:25 PM

    Pour illustrer votre théorie de viralité / permeabilité, une autre plateforme vient de voir le jour : le portail cellfish.com. Le modèle communautaire est le même que les facebook, myspace etc..., à ceci près que la viralité se manifeste jusque dans la poche des isncrits, cad dans leur téléphone.
    Or, on y voit des marques, majors etc.. utiliser ce portail qui réunit donc des contenu ugc gratuits et des contenus ayant droits payant. Est-ce que vous avez appelé une marche vers la perméabilité?

    Rico qui a trouvé un bon moyen de ne plus payer ses MMS

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