Feb 9, 2007

Ecrire pour Google : un passage obligé ?

Écrire pour être lu, va-t-il devenir écrire pour Google ou plus exactement pour être trouvable sur Google ? Si vous avez entendu parler de SEO (Search Engine Optimisation), et je suis certain que c'est le cas pour la grande majorité d'entre-vous, vous voyez où je veux en venir.

En deux mots, pour ceux qui ne connaissent pas, le SEO c'est l'art d'être référencé par les moteurs de recherche. On parle aussi de référencement. Autrement dit, d'être trouvable quand un utilisateur saisit un mot clé dans un moteur de recherche. Et d'être trouvable dès les trois premières pages. Les experts du réferencements affirmants qu'après trois pages vous êtes dans les choux.

Le réferencement n'est pas un gadget, c'est une nécessité. D'autant plus quand le business model est publicitaire, donc base sur de l'audience. L'implication pour le travail des rédactions est importante. Puisqu'il va falloir se mettre à écrire pour être repéré par les robots des moteurs de recherche. Ou, en d'autres termes (je sais que vous allez aimer celui-là), faire des titres optimisés.

Adieu les titres incitatifs, bienvenue aux bons titres informatifs où l'on va trouver tous les mots clés qu'aiment, entre autres (il y a bien d'autres critères), les robots pour le référencement. Je vois d'ici la tête de certains d'entre vous. Pourtant, il faut bien aborder la question. A nouveaux outils, nouvelles règles.

"A lot of journalists spend a lot of time perfecting headlines and being clever, and now you've got to be more direct. It's going to be a different art, I think," déclare Sree Sreenivasan, un professeur du programme new-media de l'école de journalisme de Columbia (New York) et reporter pour WNBC.com, a News.com.com.

Certains journaux prennent ca très sérieusement. Depuis maintenant plusieurs mois, des formations sont mises au point ici et là dans plusieurs rédactions. Objectif : le meilleur référencement possible. Et la tâche n'est pas simple car de multiples critères rentrent en jeux comme : les mots clés dans le titre, dans le titre du tag title, la densité, les liens, etc. Je vous invite à lire ce poste amusant sur le sujet : Comment écrire des titres qui tuent ?

Le site du Boston Globe, par exemple, se place en quatrième position des journaux américains avec le plus de trafic. Ce serait le résultat du travail de SEO, d'après le rédacteur en chef de Boston.com, David Beard. "We have Web 'heds.' We go into the newspaper system to create a more literal Web headline," explique-t-il a News.com.com. "We've had training sessions with copy editors and the night desk for the newspaper. It's been a big education initiative."

Alors écrire pour Google, vous en dites quoi ? Un passage obligé ? Une idée folle ? Un fantasme de blogger ? Le sens commun ? Une contrainte ridicule ? Un pas de plus dans l'uniformité de la presse ?

6 comments:

  1. Je pense que la formation journalistique traditionnelle qui privilégie naturellement les titres et les chapos informatifs n'est pas trop déphasée, au contraire même, par cette nouvelle exigence. En fait ceux qui sont pénalisés sont ceux qui se distinguaient par des titres allusifs ou décalés.

    En revanche il y a une erreur qui commence à revenir assez souvent: c'est de croire qu'il faut privilégier les mots clés les plus demandés. Cela conduit à un apauvrissement du contenu mais surtout c'est un calcul de court terme: qui vous dit que le mot clé le plus "optimisé" aujourd'hui sera le même demain ou le mois suivant. Mieux vaut se concentrer sur l'aspect informatif et raisonner comme si un chapo et le titre devait comporter l'essentiel des mots clés désignant le contenu et le qualifiant. Au fond c'est ce qui est enseigné depuis toujours dans les écoles mais reformulés.

    Il faut garder à l'esprit que les techniques de SEO reposent sur une stratégie de long terme.
    Petite nouveauté tout de même: le choix des mots devra correspondre au positionnement du média c'est à dire correspondre à un registre sémantique logique par rapport au positionnement. Ca semble évident mais cela réclame de la rigueur

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  2. je crois qu'aujourdh'hui qu'un vrai positionnement devra aller encore plus loin et pour etre lu sur google par rapport à une recherche précise sur un sujet ,il faudra bientot ,si ce n'est deja fait passer par un systeme commercial" cout aux clics" on devra alors comme pour toutes sociétés marchandes voulant etre referencés payer pour etre lu .
    Le choix des mots clés et toute l'armada du referencement commercial devra bientot etre mis en oeuvre pour avoir une chance d'etre lu et sortir du gigantesque neant de la toile

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  3. Anonymous12:47 PM

    Une autre utilité du titre explicite: la lecture des articles à travers un agrégateur RSS, ou sur les pages de Une complexes des sites d'information. Face à une liste de 200 ou 1000 articles pour lesquels je ne dispose que du titre, parfois des quelques premières lignes du texte, le titre allusif, dit "incitatif", n'incite plus à rien du tout.
    L'article se perd dans le néant.
    Le site du quotidien Libération, par exemple, souffre manifestement de ce défaut. La version papier était déjà bien connue pour son abus du titre incitatif (voire du titre décalé, à contre sens, et même du titre sans rapport avec le sujet... mais comment peut-on résister à un bon jeu de mot?).

    Comment deviner, sur le site que je consulte à l'instant, que le titre "Images d'un monde en ruine" (sans autre indication: ni surtitre, ni titre de rubrique, ni illustration, ni début de texte, chapô ou résumé), renvoit à un article sur la remise d'un prix international de photo de presse?

    L'usage d'internet étant manifestement différent d'un support papier, la rédaction du titre obéit à une logique différente. Et pas seulement pour des questions de référencement ;-)

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  4. Michel Leblanc8:07 AM

    Écrire pour Google? Pourquoi pas? La pyramide inversée des journalistes vient bien de l'introduction du télégraphe il y a 100 ans! Les journaux doivent s'adapter et certains journaux utilisent des titres différents dans la version Web que dans la version papier. C'est donc, à mon point de vue, tout à fait adapté.
    http://www.michelleblanc.com/2006/05/24/google-titres-ennuyeux-ecrits-pour-eux/

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  5. A noter que 2 articles sur le sujet sont parus sur la lettre R&R d’Abondance.com en décembre et janvier, et que le 3ème sort cette fin de semaine.
    1 - Titre et TITLE
    2 - Mots clés et longue Traine
    3 - 5 principes directeurs d’écriture
    Où j’ai essayé d’être le plus complet sans trop répéter ce qu’on peut trouver partout. C’est précisément le pt de vue du rédacteur que j’ai adopté.
    David

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  6. Certes, en se mêlant des affaires d'autrui par là j'ai trouvé quelques utilités assez effrontées pour surveiller le positionnement de la compétence et pour voir s'ils(si elles) ont des blocs(trucages), etc.. Si vous avez une curiosité je vous conseille qu'il eheis un coup d'oeil. Ils(elles) sont apparemment gratuits: http://www.lineared.com/es/recuperar/fr-datos-posiciones-google-msn-yahoo.htm

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