Jun 28, 2005

Le journaliste est-il en train de reprendre le pouvoir ?

" Sommes-nous entrain de rentrer dans l'air du journaliste ?" se demande le consultant media américain Tim Porter. "Je pense que oui" poursuit-il. Je me posais la même question depuis quelques mois. Et je dois avouer que je serais tenter de répondre également par la positive.

Mais pas n'importe quel journaliste. Celui qui n'aura pas peur d'affronter la sanction du publique. Selui qui n'aura pas peur de rentrer en conversation avec son lectorat.

Si on y réfléchit bien. Internet permet aujourd'hui aux journalistes de toucher une audience qui, comme le souligne Tim Porter, va bien au-delà de celle de leur journal. Et de prendre pour exemple les débats nationaux lancés sur le net par des éditorialistes comme David Brooks (New York Times) ou James Taranto (Wall Street Journal). Ou encore de parler de l'impact des éditos de Leonard Pitts du quotidien local le Miami Herald.

Non seulement les journalistes peuvent toucher plus de lecteurs, mais ils pourraient également se passer d'une organisation de presse traditionnelle pour le faire. Le succès de certains blogs, comme ceux de Gawker, en montre le chemin. D'ailleurs certains journalistes américains reconnaissent qu'ils sont plus connus pour leur blog que pour leurs articles dans la presse écrite.

En tout cas, le nombre de clics ne ment guère. Il montre, en autre, la capacité des journalistes à se connecter directement avec leur audience et à en satisfaire (ou pas) les besoins.

Et les besoins en qualité journalistique ne reculent pas… au contraire, ils augmentent. Dans un monde où l'audience est sollicitée de tout part et 24 heures sur 24, "ce qui reste ce sont les journalistes", insiste Porter. Les journalistes et leur capacité à "filtrer" l'info.

"Le futur de l'info appartient à ceux qui peuvent se connecter avec les lecteurs. Et ça, c'est quelque chose que les être humains font mieux que les entreprises", ajoute-t-il.

Qu'en dites-vous?

1 comment:

  1. À La Presse, tous les articles sont suivis de l'adresse courriel du journaliste pour que le lecteur puisse dialoguer avec lui. La coutume est de plus en plus répandue.

    Par ailleurs, tous les journalistes du Québec et leurs médias acceptent d'être jugés par le Conseil de presse (où siègent de façon paritaire des représentants des entreprises de presse, des journalistes et du public et le jugement (aquittement ou condamnation morale) est rendu public et publié.
    Pierre Vennat
    membre du conseil d'administration du Conseil de presse du Québec.

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