Jun 7, 2005

Un changement de formule graphique devrait se traduire en augmentation du nombre de lecteurs et du revenu publicitaire

Pourquoi investir des milliers d'euros (ou de dollars) dans le changement d'une formule graphique si à la sortie, vous n'avez pas augmenté votre lectorat et/ou vos revenus publicitaires ? J'ai toujours été étonné par ce genre d'investissement qui ne rapporte rien. Les exemples ne manquent pas.

Soyons clair, un changement de formule devrait se traduire par une augmentation des revenus du journal. Le reste, c'est du blabla.

Maintenant, peut-on changer une formule graphique sans changer la formule rédactionnelle ? Peut-on changer la formule rédactionnelle de la version papier, sans changer en même temps la version électronique ? La réponse est NON. C'est en tout cas notre réponse à 5W Mignon-Media. Le changement de formule doit être la traduction d'une nouvelle stratégie de l'éditeur.

Changer seulement le design d'un journal, revient à changer la couleur d'une boîte de conserve en espérant que le consommateur ne notera pas que le goût de la nourriture n'a, lui, pas changé. C'est, en gros et en clair, prendre le consommateur pour un imbécile.

Quand un journal va mal, c'est son éditorial qui va mal. Pas la couleur de son logo ou la typo de ses titres. Et quand l'éditorial va mal, c'est la stratégie business qui est à revoir.

Voyez par exemple la fièvre actuelle du tabloïd. Combien d'éditeurs voient cela comme la solution miracle ? Pourtant, il y a eu plus d'une vingtaine de passages aux formats tabloïd et compact ces deux dernières années. Ils ne se sont que RAREMENT traduits par une augmentation des revenus, comme le note Jim Chisholm dans le rapport de la WAN (World Association of Newspapers): New Designs, New Formats. Changer la taille d'un journal ne le rendra pas plus intéressant.

Même s'il est clair que le format compact est l'option à suivre. AUCUN DOUTE là-dessus. Cela fait 14 ans que j'en suis l'avocat, je n'ai toujours pas changé d'avis. Les consommateurs y répondent très favorablement. Mais un changement de format doit être le résultat d'un changement de stratégie, accompagné d'une amélioration de la qualité du journalisme… tant textuel que visuel.

1 comment:

  1. Clair que le format compact est la formule idéale? Pas si certain Jeff...

    Bien sûr, vous qui êtes Français me citerai le Monde et Libération et je n'ai pas l'intention de vous contredire si vous m'affirmez qu'il s'agit de journaux prestigieux. Le Figaro, grand format, n'a certes pas le monopole du sérieux journalistique à Paris.

    Mais...

    En Amérique (Canada compris), format tabloïd signifie généralement joural populaire bas de gamme (oui oui, je sais, leur tirage est plus élevé. Mais bon, tête de mûle comme je suis, je ne tiens pas à faire un journal populaire à tout cri).

    Bref si le Journal de Montréal est le plus lu à Montréal et qu'à New York on lit sans doute davantage le POST ou le DAILY NEWS que le NEW YORK TIMES ou le WASHINGTON POST, ce sont pourtant ces derniers qui ont de l'influence.

    Comme à Montréal LA PRESSE a plus d'influence que LE JOURNAL DE MONTRÉAL (non, je ne fait pas de "plogue") et que le journal le plus influent du Québec (parce qu'il influence les décideurs...) c'est LE DEVOIR.

    N'IMPORTE QUEL ANALYSTE DE LA POLITIQUE QUÉBÉCOISE, PASSÉE OU PRÉSENTE VOUS DIRA, JEFF, QUE LE JOURNAL QUI A LE PLUS INFLUENCÉ NOS DÉCIDEURS POLITIQUES (QUI EUX, DANS UN QUÉBEC BEAUCOUP PLUS INTERVENTIONNISTE QU'AUX USA LÉGIFERENT ET DONC INFLUENCENT NOS VIES) C,EST LE DEVOIR.

    Or Le Devoir est en danger de mort depuis sa naissance en 1910 et a toujours vécu (pardonnez-moi le terme) sur le ressusciteur en se nourrissant de "soluté" (pour employer le jargon médical).

    L'INFLUENCE, Jeff, c'est mauditement important. Vous en parlez pas souvent sur votre site.

    Les journaux (presse écrite) influencent peu les gens. Mais ici, (semble pas que cela joue beaucoup sur Bush, je vous l'admet) nos gouvernants sont beaucoup (trop) influencés au Canada français par les sondages et les journaux INFLUENTS, comme Le Devoir au Canada français (et dans une moindre mesure La Presse et Le Soleil) et au Canada anglais The Globe and Mail et dans une moindre mesure The National Post.

    Qui ne sont ni l'un ni l'autre au premier rang du tirage.

    Un journal lu par des DÉCIDEURS (politiques, économiques, intellectuels), bref par les gens qui roulent en Mercedes, Jaguar, BMW et qui mangent dans les grands restaurants a plus de poids, selon moi, dans les décisions qui affecteront ensuite ma vie, que un journal plus populaire, lu par des milliers de gens dans le métro, un Macdonald, un Dunkin Donut ou un Burger King.

    Vous me traiterez d'élitiste ou de snob si vous voulez, mais moi je suis entrer dans le journalisme pour CHANGER LE MONDE (dans la mesure du possible), (lui botter le cul au besoin...) et pour ÉDUQUER ou FORMER (tout en admettant que BIEN INFORMER, c'est FORMER...) mais très réticient à DIVERTIR... (même si le peuple aime cela et que les acteurs, artistes et champions sportifs sont bien plus populaires que les hommes politiques et les hommes d'affaires qui détiennent le vrai pouvoir.)

    Voyez vous mon cher Jeff, je crois que vous n'insistez pas assez sur une qualité fondamentale: Les leaders d'aujourd'hui (dans lesquels je place les responsables des médias) N,ONT PLUS LE COURAGE BIEN SOUVENT DE DÉPLAIRE.

    Les grands de ce monde (Churchill, de Gaulle, etc Clémenceau avant eux) n'ont pas hésité à déplaire. C'est pour cela que Churchill avait été remplacé par Attlee, avant même la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945 (même si on l'a rappelé par la suite), que de Gaulle a été évincé par les policienis de la 4e république en 1946 (même si on l'a rappelé en 1946)...

    Qui se souvient d'Attlee aujourd'hui ou des politicienis de la 4e républque.

    La politiquie de plaire à tout prix aux annonceurs et aux lecteurs pour les médias, de gouverner par sondages et de plaire au peuple pour les politiciens, peut sembelr rentable à court terme.

    A long terme, elle nous mènera tous au chaos. C'est déjà commencé

    Pierre Vennat
    p.s. Wow Pierre, direz-vous, vous n'y allez pas de main morte ce matin. Yes Sir! Je n'ai jamais voulu gagner de concours de popularité...

    Pierre Vennat

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