Nov 20, 2005

Le journalisme citoyen est-il une menace pour les pigistes ?

Vous avez entendu parlé du "journalisme citoyen". C'est ce journalisme fait par des non professionnels et édité (ou non) par des professionnels. La philosophie : tout le monde est un journaliste, tout le monde est un correspondant de presse.

Le "porte parole" et grand défenseur du "citizen journalism", c'est le journaliste américain Dan Gillmor, fondateur de Grassroots Media et auteur du livre "We the media". Le plus fameux site de journalisme citoyen est en Korée : Ohmynews.com (version ici en anglais). D'autres expériences de ce genre sont en route, un peu partout dans le monde, par exemple : agoravox.fr en France et yourhub.com aux US.

Les contributions de ces journalistes citoyens sont-elles en train de réduire les potentiels de piges ? C'est ce que semble dire la branche des pigistes du syndicat des journalistes anglais NUJ comme le rapporte (ici en anglais) l'hebdo anglais sur les médias, Press Gazette.

L'exemple choisit est le Guardian. Un journaliste freelance, Hilary Maskell, constate : "At The Guardian, since the relaunch, there are more sections devoted to readers' contributions."

Ces contributions sont-elles rémunérées ? La réponse du Guardian est clair : non.

Questions :

1- Croyez-vous vraiment que la pige va se réduire au profit de contributions gratuites du public ?
2- Pensez-vous que la menace repose seulement sur les pigistes ou, finalement, sur tous les journalistes ?
3- Faut-il mettre en place un code d'éthique pour l'utilisation de la copie de ce nouveau type de correspondants ?
4- Le journalisme citoyen est-il pour vous une illusion/mode de passage qui a vocation à disparaître ou à très peu compter ? Ou est-ce quelque chose qui est appelé à durer et va faire partie de l'organisation des médias dans le futur ?

> Tags : media, quotidiens, newspaper, journalisme citoyen, citizen journalism, pigistes,freelances

5 comments:

  1. 1- Croyez-vous vraiment que la pige va se réduire au profit de contributions gratuites du public ?

    OUI

    2- Pensez-vous que la menace repose seulement sur les pigistes ou, finalement, sur tous les journalistes ?

    OUI. Ou plus exactement la menace est sur tous les médias et non sur les journalistes. On en avait déjà parlé les prochaines "marques" de médias seront des hommes, des journalistes.

    3- Faut-il mettre en place un code d'éthique pour l'utilisation de la copie de ce nouveau type de correspondants ?

    Peut être mais sur le web le système finalement s'autorégule. le commentaire ouvert est une belle boucle d'auto correction.

    4- Le journalisme citoyen est-il pour vous une illusion/mode de passage qui a vocation à disparaître ou à très peu compter ? Ou est-ce quelque chose qui est appelé à durer et va faire partie de l'organisation des médias dans le futur ?

    Je pense que le vrai professionnel est nécessaire. L'expérience : www.europeus.org est à laquelle je participe me semble un bon mix.

    De vrais journalistes et des bloggers. Un centenu modéré par des pros et une exigence de qualité.

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  2. Laurent (mais pas le même)5:38 AM

    Vous débarquez ?

    Ca fait quelques années que dans le photojournalisme, l'amateur fait la nique au proffessionnel. Cependant, le pire n'est pas l'amateur présent sur un fait exceptionnel et le relate gratuitement ou non, mais la propension des médias à donner à faire (gratuitement) des images par des amateurs nommés rédacteurs proffessionnels...

    L'éthique, elle est où ?

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  3. On est déjà surinformés à outrance, et les risques de diffusion et de propagation de "n'importe quoi" sont réels, mais cela peut aussi créer de nouveaux réseaux d'informations fiables, de réelles vocations, voire des contre-pouvoirs efficaces, citoyens et critiques; je ne crois pas que trop de libertés puisse nuire à la liberté, mais que tout dépend de l'intention (informer?), de l'esprit, des talents et des compétences, réelles ou non, de ces nouveaux "journalismes"...

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  4. 1. Oui. ca me paraît inévitable. D'autant plus qu'avec Internet, le journaliste citoyen a accès (pour beaucoup) aux même sources qu'un pigiste (communiqués de presse, etc.). Pour se différencier le journaliste "professionnnel" devra :
    - faire plus vite (sortir l'info, en temps réel)
    - apporter plus de valeur ajoutée (enqêtes de terrain: reportages, interviews...)

    2. Sur tous les médias, oui, et on le voit déjà partiellement avec toutes les difficultés traversées par la presse écrite (qui ont d'autres sources cependant)

    3. De même que le blogueur doit être responsable de ces propos, l'utilisation de ces textes doit être encadrée. Comme le dit Laurent, on peut facilement montrer qu'on est l'auteur d'un texte.

    Mais le moment viendra d'une réflexion sur l'utilisation de ces textes à des fins commerciales (Agoravox est sur la voie)

    4. Lame de fond, voire tsunami

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  5. 1- Croyez-vous vraiment que la pige va se réduire au profit de contributions gratuites du public ?
    Oui, car finalement les bloggers produisent en masse de l’information de qualité (a condition de trier). Le modèle gratuit de la pige devrait finir par s’imposer. On peut ensuite imaginer faire payer le trie (Voir l'article : blogger, achitecte de l'information).

    2- Pensez-vous que la menace repose seulement sur les pigistes ou, finalement, sur tous les journalistes ?
    La menace n’est peut être pas pour les journalistes mais pour les journaux. On peut faire le parallèle avec les artistes, car les labels "musicaux" comme les médias « papiers » sont menacés par le téléchargement gratuit. Grace à Internet, les artistes ont la possibilité de se faire connaître directement et à moindres frais; le morceau de musique comme l’article du journaliste placé gratuitement sur un blog (ou sur un autre support) est un moyen de se faire connaître.


    L’artiste fait payer ses concerts, des albums « collectors », ou l'accès a un contenu en ligne sépcifique (archive des concerts). Le journaliste qui se fait connaître sur Internet peut ensuite monnayer sa notoriété auprès des entreprises, publier un livre ou animer des conférences.

    Comme abordé dans la série de postes « No logo ? new logos !, les prochaines "marques" (de médias ) sur internet seront des hommes, des journalistes, des artistes, des entrepreneurs (plutôt que des journaux, des labels ou des sociétés), ...

    3- Faut-il mettre en place un code d'éthique pour l'utilisation de la copie de ce nouveau type de correspondants ?
    Peut être mais sur le web le système finalement s'autorégule et "l’éthiquette" finit par s’imposer. Le commentaire ouvert est une belle boucle d'auto correction qui suffit a résoudre beaucoup de problèmes (voir le manuel de l’activiste de la blogosphère)

    4- Le journalisme citoyen est-il pour vous une illusion/mode de passage qui a vocation à disparaître ou à très peu compter ? Ou est-ce quelque chose qui est appelé à durer et va faire partie de l'organisation des médias dans le futur ?
    Je pense que le vrai professionnel ne va pas disparaitre. L'expérience : www.europeus.org à laquelle je participe (comme auteur bénévole) me semble un bon « mix » : de vrais journalistes et des bloggers, un contenu modéré par des pros avec une exigence de qualité.

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